Trois « perles » offertes par les saints   
 


 

 

          Les textes de la fête de la Toussaint… Des textes entendus et réentendus chaque année depuis si longtemps ! Les chrétiens qui prennent régulièrement le chemin de l’église les connaissent presque par cœur…
A tel point que nous risquons de les écouter d’une oreille distraite… Usés par l’habitude.

A moins de les réentendre comme si c’était la première fois  pour en redécouvrir la merveilleuse richesse : les prendre dans son cœur… Les goûter… Les prier… Pour s’en imprégner et les laisser nourrir notre vie d’enfants de Dieu !

Je voudrais donc, ce matin, vous proposer 3 perles offertes dans la liturgie de la Toussaint : une parole dans chacun des 3 textes ; je vous invite à les accueillir avec la fraîcheur d’un nouveau croyant avide de se nourrir de ce qu’il apprend.
 

- De la première lecture, de l’Apocalypse de St Jean : « Amen ! Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! ». Ce n’est pas la foule immense des saints, que nul ne peut dénombrer, qui proclame cette louange. Ce sont les anges du ciel, qui se tiennent en cercle autour du trône de Dieu et se prosternent, face contre terre, pour l’adorer. Ils sont là comme porte-paroles de la foule des saints ; ils les invitent à se tourner vers Dieu pour s’acquitter de l’unique mission possible dans le ciel : louer Dieu, chanter Dieu, aimer Dieu !

Les saints que nous fêtons aujourd’hui n’ont pas attendu d’être au ciel pour chanter et louer Dieu. Quand nous lisons le parcours de leur vie, nous constatons que tous en sont venus, à l’une ou l’autre des étapes de leur vie, à être entièrement tournés vers Dieu. Ils étaient parfois submergés d’activités trépidantes ; ils traversaient de rudes épreuves ; ils pouvaient être affrontés aux ténèbres du cœur ; mais leur cœur restait fixé sur Dieu ; leur vie consistait d’abord et avant tout à aimer Dieu ! Si bien que, du fond de leur être, jaillissait spontanément la prière de louange : « Tu est grand, Dieu ! Tu es bon ! Tu es digne d’être chanté en tous temps et en tous lieux. »

L’Eglise, par toute sa liturgie, nous invite à suivre à notre tour le chemin tracé par les saints : elle nous propose de chanter, non pas du bout des lèvres, mais de tout notre cœur : « Gloire à Dieu ! Nous te louons, nous te bénissons, nous t’adorons pour ton immense gloire ! ». Dépasser nos soucis, nos inquiétudes, nos peurs ou nos faiblesses pour oser proclamer : « Jésus, toi seul es saint ! Toi seul es Seigneur, toi seul es le Très-Haut ». Et ce chant de louange peut et doit accorder nos cœurs souvent défaillants à la joie éprouvée et rayonnée par nos frères les saints.
 

- De St Jean encore, dans sa première lettre : «  Mes bien-aimés, voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés : il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. » Vous avez remarqué ! Jean insiste : nous ne sommes pas seulement « appelés » enfants de Dieu ! Nous le sommes véritablement ! Voici la véritable source de la sainteté ! les saints sont devenus saints le jour où ils ont compris et accepté pour de bon qu’ils étaient réellement « enfants de Dieu ». Leur vie en fut bouleversée ! A partir de ce jour tout fut polarisé par cette conviction : Je suis d’abord et avant tout enfant de Dieu. Je n’ai donc plus qu’à vivre et agir en enfant de Dieu, penser et décider en enfant de Dieu… Aimer comme enfant de Dieu. Et comme la certitude d’être aimé donne le désir d’aimer en retour, ils ont voulu, à partir de là, s’efforcer d’aimer toute autre personne comme frère ou sœur, tout aussi réellement enfant de Dieu.

La conclusion en est toute simple pour nous : nous sommes déjà saints parce que nous sommes aussi enfants de Dieu. Mais nous sommes invités à l’être vraiment en y croyant pour de bon et en osant décider de ne jamais nous lasser de toujours recommencer à aimer ceux qui nous entourent comme d’autres enfants de Dieu : avec la tendresse, la miséricorde et la confiance que Dieu manifeste pour nous… Et pour eux.

- L’Evangile, enfin, de Matthieu… Je vous laisse choisir vous-même la perle que vous y préférez… Celle peut-être dont vous avez le plus besoin ! Est-ce le bonheur, le vrai bonheur des enfants de Dieu évoqué par l’adjectif qui ponctue chacune des Béatitudes ? « Heureux ! » « Heureux ! » « Heureux ! » Est-ce la pauvreté des cœurs simples ? Est-ce la douceur des forts ? Est-ce la consolation dans les larmes ? Ou le désir d’être juste… C’est-à-dire bien ajusté avec tous ? Est-ce d’avoir un cœur miséricordieux, autrement dit « attentif à la misère », pur et transparent comme la lumière ? Ou encore et surtout, oui surtout, désirez-vous être, envers et contre tout, artisan de paix… Pacifique et pacifiant ! Ou peut-être encore de rester forts, comme les martyrs, malgré les persécutions ou plus simplement chez nous les critiques ou les méchancetés injustifiées de ceux qui refusent la paix…

Les saints, ce sont les amis de Dieu qui ont voulu prendre au sérieux le bonheur déroutant offert par Jésus sur la montagne. Ils sont devenus saints, la plupart du temps, parce que, un jour, ils ont compris que ce bonheur ne pouvait être le résultat de leurs projets et de leurs efforts : un bonheur à mendier et à recevoir comme une grâce… Un cadeau reçu de Dieu à la mesure de notre bonne volonté, de l’ouverture de notre cœur, de notre confiance d’enfant !

Tout de suite, après la proclamation de notre foi, en guise de Prière Universelle, nous allons chanter, comme lors de la Veillée Pascale, les litanies des saints : demandons le secours bienveillant de la foule immense de ceux qui nous indiquent le chemin.

        Amen.