Annie, la maman de Quentin, au début de cette messe a fait cette prière :
"Marie nous te demandons d’ouvrir les yeux de nos enfants à tout ce qui est beau, leur esprit à tout ce qui est vrai et leur coeur à tout ce qui est bon."
C'est une fort belle prière qui est dirigée vers ce qu'on appelle en théologie classique les 3 transcendantaux : le beau, le vrai, et le bien.
Alors je vous propose de méditer sur ceci : comment la Vierge Marie peut nous aider à découvrir le beau, le vrai et le bien, et à les vivre.
Le beau ! On présente souvent la Vierge Marie dans sa beauté. La 1ère lecture nous la présente enveloppée de soleil, avec une couronne de douze étoiles, et la lune sous les pieds… imaginons, et regardons !
Je suis passé cet été à Notre-Dame de la Salette. On y voit la Vierge en train de pleurer. C'est en effet ainsi qu'elle est apparue à Maximin et Mélanie, deux jeunes bergers. Elle pleure par ce que le monde n'écoute pas son fils Jésus. Elle pleure donc pour le salut. Et ses pleurs n'atteignent pas sa beauté. D'ailleurs Maximin et Mélanie l'appellent "la belle dame" avant même de croire qu'il s'agit de Marie. Marie est belle jusque dans ses pleurs. Et tout, à la Salette, renvoie à la beauté. Il y a le cadre montagnard, désert et majestueux. Et puis les peintures de la basilique. J'y ai été particulièrement sensible aux peintures du peintre contemporain Arcabas. On y trouve une représentation des Noces de Cana, ainsi que de la déploration au Calvaire. Mais surtout, au dessus de la statue connue de Notre-Dame de la Salette, Arcabas a peint, au fond de l'abside, un immense Christ Pantocrator de 6m sur 8m. La beauté de la Vierge Marie conduit à la beauté de Dieu… car sa beauté est un reflet de la beauté divine.
Le beau nous conduit à Dieu… De l'importance de la beauté dans nos liturgies… de beaux bouquets, de beaux objets, de beaux chants, de belles musiques…. de veiller à la beauté de nos églises… parfois ce pourrait être mieux… … et de l'importance également de la beauté dans la vie ordinaire… de la beauté quotidienne… "Marie, nous te demandons d'ouvrir les yeux de nos enfants à ce qui est beau"
Car la beauté conduit à la vérité ! La vérité, pour Marie, ne se donne pas d'emblée. Marie voit, elle entend… mais ensuite il lui faut le temps de la méditation pour que la vérité se découvre en elle… pour que la vérité grandisse en elle… car quand le Christ grandit en elle, c'est la vérité qui tend au jour… Marie méditait tout cela dans son cœur… L'importance de la méditation, pour que la vérité jaillisse…
Et dans son Magnificat, Marie relit l'histoire du monde dans la vérité de Dieu… Le Puissant fit pour moi des merveilles Son amour s'étend d'âge en âge… Il disperse les superbes Il renverse les puissants de leurs trônes Il élève les humbles… etc… Marie relit l'histoire du monde dans la vérité de Dieu.
Et précisément l'Assomption de la Vierge Marie nous invite à prendre de la hauteur quant à notre pensée, quant à la lecture de l'histoire. Sans doute le cardinal Lustiger est-il un bon témoin de cette hauteur de vue…
Chercher la vérité, c'est ne pas mentir dans la façon de nommer les choses, ne pas se mentir à soi-même et ne pas mentir à Dieu.
Et c'est croire que la vérité de l'homme et la vérité de Dieu ne font qu'un ! Et ce que nous apprend Marie, c'est que s'ouvrir à la Parole de Dieu fait la vérité en nous-mêmes.
Monsieur Giraud, le père de Maximin, berger de la Salette, charron de son métier, n'avait plus besoin de Dieu depuis longtemps. Tout d'abord, il ne voulut rien savoir de ce que racontait son gamin. Jusqu'au jour où Maximin put lui dire : "mais papa, elle –la belle dame" m'a parlé de toi". Le père de Maximin fut alors bouleversé. Il découvre dans les paroles de Marie, le Dieu de tendresse, présent à son angoisse de père de famille qui n'a plus de pain à donner à son enfant. L'écoute de la parole divine fait en nous le vrai !
Et puis, cette vérité, elle est à dire ! La belle dame de la Salette dit aux deux jeunes bergers : "eh bien mes enfants, vous le ferez passer à tout mon peuple"… Voilà : faire passer la vérité de Dieu pour que l'homme vive…
Et c'est un défi éducatif : éduquer les enfants dans la vérité, encore et toujours. "Seigneur nous te demandons d'ouvrir l'esprit de nos enfants à tout ce qui est vrai".
Et la vérité conduit à l'action bonne, au bon, au bien.
A la Salette, Marie proclame la vérité de la transcendance divine : à Maximin et Mélanie, elle annonce : "je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le septième et on ne veut pas me l'accorder".
La vérité, c'est que le dimanche est le jour de Dieu. Que Dieu le créateur se repose le 7ème jour. Et donc que le bien consiste à sanctifier le jour du Seigneur. Marie apparaît à La Salette dans une époque où le dimanche n'est pas respecté. On travaille 7 jours sur 7. La révolution industrielle n'avait pas de scrupules pour ses ouvriers qui travaillaient 14-15 h. Le temps d'aujourd'hui n'est plus le même. Pourtant, il reste vital pour une société qu'il y ait un jour de repos en commun (hormis bien entendu les services d'urgence nécessaires)… mais que les hommes se reposent ensemble le même jour facilite le rythme de la vie sociale et les relations humaines. Et puis bien sûr, pour les chrétiens, le dimanche et le jour de la Résurrection du Seigneur. Il convient vraiment que ce jour ne soit pas comme les autres…. qu'on y donne explicitement la priorité à Dieu. A ce sujet, la norme de la vie chrétienne, c'est la messe du dimanche. On ne devrait pas s'en dispenser, sauf cas de force majeure. Un dimanche sans messe devrait nous laisser une amertume au cœur. Si ça tombe, Marie pleure quand nous manquons sans raison la messe du dimanche.
La messe du dimanche… du dimanche. On oublie trop vite que la messe anticipée du samedi a été créée pour les personnes qui étaient empêchées d'aller à la messe le dimanche. Normalement la messe c'est le dimanche ! Et comme il arrive que nous ne soyons pas libres le dimanche, il y a la messe du samedi pour ne vraiment pas la rater. Mais, sans forte contrainte, on ne devrait pas s'habituer à la messe du samedi, sauf à y retourner le dimanche !
"Je vous ai donné six jours pour travailler… je me suis réservé le 7ème". C'est Marie qui ose dire cela… c'est dire que sa parole s'insère dans la parole divine… ne fait plus qu'un avec la parole de Dieu…
Et la Vierge de la Salette dit encore aux deux bergers : "faites-vous bien votre prière mes enfants ?" Et Maximin et Mélanie de répondre : pas guère Madame.. Et marie de dire : "Ah mes enfants, il faut bien la faire, soir et matin ; ne diriez-vous seulement qu'un Notre Père et un Je vous salue. Et quand vous pourrez mieux faire, dites-en davantage…"
Bien faire sa prière… et tout faire bien… avec précision, application. Car la prière élève en nous la bonté !
"Nous te demandons Seigneur, d'ouvrir le cœur de nos enfants à tout ce qui est bon".
Amen.
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