Marie plongée entièrement dans
l’amour de Dieu !

 


 

            Marie nous invite aujourd’hui à nous unir à son Magnificat ! Avec elle, nous pouvons bénir Dieu pour son humble servante qu’il a choisie pour Mère de son Fils… Avec elle, nous reconnaissons que toutes les générations l’ont déjà dite et la diront encore et toujours « bienheureuse. » Avec elle nous proclamons que le Puissant fit pour elle des merveilles !

 

La merveille que nous célébrons aujourd’hui, c’est celle de son assomption… Un événement qu’il nous faut essayer de bien comprendre : on dit que Marie est montée au ciel ! C ‘est une façon de parler ! Je préfère dire : Marie, quand elle a quitté  ce monde visible, fut plongée tout entière dans le grand amour de Dieu. C’est la conséquence logique du déroulement d’une vie où rien n’a échappé à l’influence de Dieu. Tout au long de son existence, elle a déjà accueilli en elle la puissance de l’amour de Dieu ; tout en elle était guidé, porté, pénétré de cet amour ; aussi n’était-il pas possible que, au moment de sa mort, quelque chose d’elle-même demeure sur cette terre en dehors de l’amour dont elle vivait.

 

Je vous invite donc à prononcer maintenant avec moi un long Magnificat qui enveloppe chacune des étapes de la vie de Marie avant de tout reprendre dans l’eucharistie que nous allons célébrer.

 

Béni soit Dieu pour Marie à l’Annonciation : de tout son être elle se met à la disposition de Dieu pour se rendre disponible à la mission exceptionnelle qui lui est confiée… Modèle accompli de tous les baptisés qui, au long des siècles, ont dit « Oui » à la vocation qu’ils ont assumée.

 

Béni soit Dieu pour Marie à la Visitation : l’Evangile de ce jour nous invite à admirer la rencontre de ces deux femmes choisies par Dieu qui s’invitent mutuellement à se réjouir pour l’œuvre de Dieu en elles… Comme pour nous inviter à discerner les richesses cachées de Dieu dans le cœur de tous les croyants qui croisent notre chemin.

 

Béni soit Dieu pour Marie à Noël : dans le secret d’une nuit où tout se fait silence, Marie offre Dieu-Enfant aux pauvres bergers marginaux et aux lointains étrangers chercheurs de lumière : signe d’un Dieu caché qui ne se laisse trouver que par ceux qui acceptent de se laisser attirer par lui.

 

Béni soit Dieu pour Marie à Nazareth : 30 ans de vie cachée où Dieu se tait dans la fidélité et la patience du quotidien… Pour nous aider à comprendre que Dieu est présent à chacune des journées de nos vies et dans le long déroulement de l’histoire du monde. Rien ne permet d’y remarquer sa présence, hormis la générosité de tous ceux qui s’efforcent de vivre d’amour.

 

Louange à Dieu pour Marie à Cana : quand la fête de l’amour risque de s’éteindre, c’est elle qui redonne l’espérance et la joie en invitant à se tourner vers Jésus pour faire « tout ce qu’il dira ». C’est encore elle aujourd’hui qui, devant les incertitudes des lendemains de nos familles et de notre Eglise, nous demande de tout miser sur Jésus qui, seul, peut nous donner l’avenir.

 

Louange aussi à Dieu pour ce temps où Jésus s’échappe sur les routes de Palestine, comme s’il mettait sa Mère de côté : « Ma Mère, ce sont tous ceux qui écoutent et qui vivent la Parole de Dieu. » Et voici que Marie  se retrouve  placée au dessus de tout, comme notre guide et notre modèle, puisque c’est elle qui fut la plus fidèle à cette Parole de Dieu.

 

Louange encore et toujours à Dieu pour la force, la patience, la générosité de Marie aux heures sombres de la vie de son Fils. Seule avec Jean, elle reste debout jusqu’au pied de la croix ; elle vit alors un second enfantement, combien plus douloureux que le premier ; en communion de tout son être à la mort de son Fils elle donne naissance à l’Eglise et elle devient ainsi, par la volonté de Jésus, la Mère de tout enfant de Dieu… Mère portant en elle la douleur de toutes les femmes de tous les temps écrasées par les violences, les bêtises et les injustices de notre monde blessé.

 

Rendons grâces à Dieu enfin pour Marie à la Pentecôte. N’est-il pas étonnant qu’elle soit encore là, au milieu des amis de Jésus attendant la venue de l’Esprit-Saint, elle qui fut présente dès le premier jour, comblée la première de cet Esprit. Elle nous propose de réclamer avec elle pour nous et pour l’Eglise d’aujourd’hui l’abondance de cet Esprit qui fait toujours toutes choses nouvelles.

 

Au terme de cette méditation, n’est-il pas facile d’appliquer à Marie le signe grandiose  contemplé par l’auteur de l’Apocalypse ? N’est-ce pas Marie, Notre Dame, cette « Femme ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. » ?

 

Et le mystère de l’Assomption nous paraît alors plus compréhensible : c’est le corps de Marie qui a donné naissance au Fils de Dieu ; sa poitrine l’a nourri ; ses yeux l’ont contemplé ; ses bras et ses pieds l’ont porté ; ses mains l’ont caressé… Et surtout, son cœur, marqué de tant d’amour, a souffert et fut transpercé d’un glaive de douleur quand celui de Jésus fut blessé par la lance du soldat… Un corps entièrement et parfaitement imprégné de l’Esprit de Dieu. N’était-il pas juste et normal que ce corps, à l’image de celui de Jésus, soit soustrait à la corruption pour être plongé dans le monde de la Vie définitive et de l’amour parfait de Dieu…

 

Quand, où, comment cette mystérieuse translation fut-elle accompli ? L’Ecriture n’en dit rien… C’est la sensibilité spirituelle du Peuple de Dieu et la Tradition de l’Eglise qui ont très vite précisé cette richesse de la foi catholique, avant que le pape l’officialise… Nous pouvons donc y croire tout simplement ! Comme un appel à l’espérance, à la reconnaissance, à l’action de grâces.

 

Et notre messe du 15 août devient ainsi un long Magnificat qui emplit nos cœurs de la joie de la foi.