Le ciel ouvert !


 

 

          Pourquoi les artistes qui ont imaginé et préparé cet impressionnant calendrier de l’Avent ont-ils voulu dresser cette échelle de cordes qui domine l’autel… Quel rapport avec Noël qui vient ?

          Dépassons la curiosité technique… Ouvrons ensemble la Bible pour mieux comprendre en établissant une relation entre plusieurs épisodes mal connus ou peu compris de la plupart.

Allons d’abord au chapitre 28ème du Livre de la Genèse… On y raconte le songe de Jacob, fils d’Isaac, petit-fils d’Abraham… Pendant son sommeil, Jacob voit une échelle qui relie ciel et terre, sur laquelle montent et descendent des anges, messagers de Dieu. A son réveil, Jacob s’exclame : « En vérité, Yahvé est en ce lieu, et je ne le savais pas ! »… Il en conclut : « ce lieu, c’est la porte du ciel ! » Et il dresse là une stèle pour y rappeler la présence de Dieu.

C’est l’échelle de Jacob qui a été dressé dans le chœur de St Martin pour nous rappeler que, chaque fois que nous nous rassemblons pour la prière, le ciel s’ouvre pour nous, et Dieu se fait proche de nous.

Mais il nous faut poursuivre la recherche en ouvrant l’Evangile de Jean au chapitre premier. Grâce à Philippe, Jésus rencontre Nathanaël… Celui-ci proclame sa foi : « Tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d’Israël ! » Et Jésus répond avec cette parole mystérieuse : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au dessus du Fils de l’Homme ! » Jésus, c’est évident, fait référence à l’échelle de Jacob ! Les cieux ouverts… C’est une annonce, une promesse, comme une prophétie… Mais quand cette prophétie va-t-elle se réaliser ?

Elle se réalisera sur la croix ! On le comprend au chapitre 26ème de l’Evangile de Matthieu ; c’est l’instant solennel de la condamnation… Jésus est interrogé par le grand-prêtre : « Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. » Et Jésus répond : « Tu l’as dit. D’ailleurs, je vous le déclare dorénavant, vous verrez le Fils de l’Homme siégeant à la droite de la Puissance et venant sur les nuées du ciel. » Alors tous crient : « Il mérite la mort. »

Ainsi, c’est au dessus de la  croix de Jésus que le ciel s’ouvre maintenant. Par l’offrande de sa vie, Jésus a brisé le mur qui nous séparait du monde de Dieu. Et bientôt, par sa résurrection, il ouvrira à jamais les portes de la vie pour toute l’humanité.

Ce n’est plus au dessus d’une stèle que les anges montent et descendent pour relier ciel et terre, c’est au dessus de Celui que Dieu nous a donné pour apporter la réconciliation et la vie…
 

Comprenez-vous un peu mieux maintenant le message offert par cette échelle qui s’élève devant nos yeux ?

L’échelle de Jacob, elle se dresse partout où Dieu est davantage présent, partout où se vit le « sur la terre comme au ciel » de la Prière du Seigneur.

Nous pouvons, dans la foi, l’imaginer au dessus de la Maison de Marie, à Nazareth, quand l’ange lui a demandé si elle acceptait d’être la Mère du Sauveur. Bientôt, nous la chanterons, au dessus de la crèche de Bethléem, en communion avec les anges qui proclament « Gloria in Excelsis Deo. »
 

Ne pourrions-nous, au long de l’Avent qui commence aujourd’hui, partir à la recherche de cette échelle invisible ? L’échelle que nous verrons, tout au long de l’Avent, au dessus de l’autel de notre église, nous servira de double enseignement :

Chaque fois que nous nous rassemblerons pour célébrer l’eucharistie, l’échelle nous rappellera le long chemin de l’amour de Jésus : il est venu, il est né, il a souffert, il est mort, il est ressuscité, il a ouvert les portes du ciel pour nous faire monter avec lui jusqu’au royaume de l’immense amour de son Père.

Mais aussi, tout pareillement, chaque fois que, dans nos maisons, dans nos écoles, dans nos bureaux ou nos commerces, nous découvrirons un geste d’amour, nous pourrons, dans nos cœurs, élever l’échelle de Jacob : Souvenons-nous de cette belle phrase que nous chantions autrefois en latin et que l’on chante encore souvent à Taizé: « Ubi caritas et amor, ibi Deus est. » « Là où il y a amour et charité, là Dieu est présent ! »

Dimanche dernier, je vous invitais justement à essayer, pour préparer Noël,  de remarquer tous ces petits gestes de bonté, de paix, de réconciliation, de solidarité, pour les noter et les partager… Soyons messagers de bonnes nouvelles !
 

Ainsi donc, nous pouvons certainement remercier ceux et celles qui ont su travailler et collaborer pour offrir le calendrier de l’Avent et cette échelle qui représente un bel enseignement.

Nous devons surtout rendre grâce à Dieu pour sa miséricorde. Il a demandé à son Fils de s’abaisser, de descendre, échelon après échelon, l’échelle qui le mènerait jusqu’à nous avant de nous prendre avec lui, pour remonter, échelon après échelon, l’échelle qui nous établirait auprès de lui.

Je vous souhaite à tous un Bon Avent pour un vrai Noël !