dimanche 3 janvier 2010

 Fête de l'Épiphanie

(année C)

 

 

 

          En ce premier dimanche de l’année, en ces jours où nous nous présentons les uns aux autres les meilleurs vœux possibles, une nouvelle extraordinaire nous est offerte et qui doit réjouir notre cœur, une nouvelle extraordinaire pour toute l’humanité d’aujourd’hui comme pour les juifs et les mages il y a deux mille ans. Jésus est cette étoile, cette lumière qui brille et réchauffe le cœur de toute l’humanité. Les Mages ne se sont pas trompés. Quand ils arrivent à Jérusalem, ils affirment : « nous avons vu son étoile ». Déjà bien longtemps avant, au temps de Moïse, un païen appelé Balaam avait déjà annoncé cette venue : « Une étoile monte de Jacob, un sceptre surgit d’Israël ».

          Mais tout d’abord qui sont les mages ? Ce ne sont pas des rois, des astrologues, ancêtres de nos astronomes d’aujourd’hui. Avec les moyens de leur époque, ils essayaient de percer les secrets de la nature, de connaître les lois qui régissent la terre et toute la création... C’était pour leur temps de véritables scientifiques. Dans le bassin méditerranéen de cette époque courrait depuis longtemps une légende. L’apparition d’une étoile nouvelle, qu’on n’ait jamais aperçue était l’annonce de la naissance d’un nouveau roi. On disait que l’apparition d’une étoile avait marqué la naissance d’Alexandre le Grand et de Jules César. Comme probablement ces mages étaient de grands érudits, il n’était pas impossible qu’ils connaissaient les écritures du peuple juif, ce que nous appelons aujourd’hui l’ancien testament. Ainsi à la vue de l’étoile, ils n’hésitent pas. Ils se mettent en route vers Jérusalem. Ces mages étaient des païens. Et ce sont des païens qui vont apprendre au peuple d’Israël et au roi Hérode la venue de leur roi : « Où est le roi des juifs qui vient de naître ?»

          Les événements de Noël nous révèlent un double message. Dieu a un amour de prédilection pour tous ceux et celles qui ne sont pas bien considérés dans la société, les bergers en sont les symboles. L’autre message ce sont les mages qui nous le délivre. Jésus est venu pour tous les hommes et cela est signifié dès sa naissance. L’étoile, la lumière ne sont donc pas réservées à quelques uns, c’est bien pour tous que la lumière est donnée. Jésus lui-même dira : « Je suis la lumière du monde ».

          La première démarche c’est tout d’abord de lever les yeux et de voir la lumière, mais cela ne suffit pas. Il faut se laisser guider par elle. Il faut marcher vers la lumière. C’est ce que font les mages et ils iront jusqu’au bout. Ce n’est pas ce qu’ont fait le roi Hérode et les chefs du peule juif qui restent dans leur nuit à Jérusalem, tandis que les scribes, les spécialistes des écritures, qu’ils scrutent inlassablement, au point qu’ils en connaissent tous les détails, mais ils ne se laissent pas remuer par cette lumière.

          Si donc les mages nous révèlent que Jésus est lumière pour toutes les nations, ils rappellent aussi l’importance essentielle d’être des chercheurs. C’était pour eux la raison même de leur vie : chercher à percer les mystères de la nature. Sommes-nous à notre tour des chercheurs ?

          C’est vrai nous cherchons beaucoup dans notre vie, le bonheur d’une vie de famille heureuse et épanouie, nous cherchons en nous soignant correctement, à avoir une meilleur santé, ou à la retrouver, nous cherchons encore les moyens suffisants pour ne pas vivre dans l’angoisse du lendemain. Il nous arrive aussi de nous interroger sur le sens de la vie, devant le mal, la souffrance et la mort. Mais sommes-nous des chercheurs de Dieu. Bien sûr nous participons à l’Eucharistie, nous nous nourrissons de la parole de Dieu. Mais cela ne doit pas rester une démarche purement intellectuelle, même si elle est nécessaire. Saint Paul disait à ses premiers chrétiens : « laissez vous saisir par le Christ ». Et une sainte du moyen âge mettait sur les lèvres de Jésus cette parole : « Tu ne me chercherais pas, si tu ne m’avais pas déjà trouvé ». Cherchons Dieu avec notre cœur, qu’il pénètre réellement dans l’intime de notre vie.

          Il est dans l’Évangile une rencontre étonnante. Deux disciples de Jean Baptiste viennent trouver Jésus, en les voyant Jésus les interroge : « Que cherchez-vous ». Ils lui disent : « Rabbi où demeures-tu ? » Il leur dit simplement : « Venez et voyez !» Ils allèrent avec lui, ils virent où il demeurait. Ils passèrent toute la journée avec lui, ils entrèrent ainsi dans l’intimité de Jésus. Il faut prendre le mot demeurer au sens fort, « Demeurer avec », c’est vraiment apprendre à connaître quelqu’un, à véritablement savoir qui il est. Ces deux disciples étaient d’authentiques chercheurs de Dieu. Ce n’était pas simplement connaître l’adresse de Jésus. Ils voulaient vraiment savoir qui il était. Cette journée passée avec Jésus les a marqués pour toute leur vie. Ils vont devenir apôtres. Sommes chercheurs de Dieu à la  manière de ces deux disciples. Connaître Dieu intellectuellement c’est bien, mais en cette année 2010, apprenons de plus en plus à connaître Jésus avec le cœur. Pour bien le connaître, il faut le fréquenter, rester avec lui, pour devenir peu à peu ses intimes, pour que sa présence devienne an nous vivante et indispensable.

          Dieu Notre Père, tu as voulu que tout homme soit associé au partage de la même promesse par l’annonce de l’Évangile. Nous qui avons adoré avec les mages, avec le Christ Jésus qui nous sauve, donne-nous de marcher sur des chemins nouveaux, à la rencontre de tous ceux qui ont soif d’amour, car toi seul peut nous combler.

Amen.