dimanche 27 décembre  2009

 Fête de la Sainte Famille

(année C)

 

 

 

          Quelques temps après la naissance de Jésus, Marie et Joseph étaient venus présenter à Yahvé leur premier né comme le prescrivait le loi juive en remerciement à Dieu. Ils avaient offert l’offrande des petites gens, deux petites colombes. En arrivant au temple, ils avaient rencontré un vieillard Siméon qui avait, à l’étonnement des parents, proclamé cet enfant le salut et la lumière des nations et la gloire d’Israël.

          Douze ans se sont passés dans le silence du village de Nazareth, nous pouvons imaginer Jésus un enfant comme les autres, allant à la synagogue de son village pour apprendre les textes de l’ancien testament, en particulier les livres des prophètes et la Thora, les commandements de la juive. Maintenant il est temps. A 12 ans, Jésus va entrer dans la vie d’adulte, le texte que nous venons de lire est habituellement appelé : "Jésus perdu et retrouvé au temple", c’est le dernier épisode de l’enfance de Jésus. A 12/13 ans, les garçons juifs faisaient leur Bar-Mistswah, leur entrée officielle dans la vie de la communauté. Aujourd’hui , quand on va en pèlerinage en Palestine, on se rend au mur des lamentations, fondations du temple détruit, on voit des pères accompagner leur fils de 12 ans qui s’incline et embrasse le mur. Ils font encore leur Bar-Mitswah.

          Comme tout jeune juif de son âge, Jésus accomplit ce pèlerinage à Jérusalem, avec ses parents Marie et Joseph. Jésus devient ainsi un juif à part entière. Il allait avoir accès officiellement à la connaissance de la loi juive. Il semble bien que Jésus, dès son plus jeune âge avait fréquenté avec beaucoup d’assiduité la synagogue. On dirait aujourd’hui qu’il était en avance sur son âge. Il n’avait pas attendu ce pèlerinage, pour être un familier des écritures : Assis au milieu des docteurs de la loi, il les écoutait, et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient, s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses !

          Un événement inattendu se produit. Alors qu’ils le croyaient dans la caravane du retour, Jésus à l’insu de ses parents, est resté à Jérusalem. On peut facilement  deviner l’angoisse de Marie et de Joseph. C’est la fête de la Pâques, il y a beaucoup de monde à Jérusalem, leur fils s’est perdu. On peut comprendre Marie qui exprime toute son angoisse, et les remontrances qu’elle fait à son fils : « Mon enfant pourquoi nous as-tu fait cela. Vois comme nous avons souffert, en te cherchant , ton père et moi !»

          Mais à Marie qui rappelle à Jésus les devoirs de son Fils. Jésus répond en prenant des distances par rapport à sa famille humaine. Jésus renvoie sa mère au premier commandement, les devoirs envers Dieu. Il est le Fils obéissant du Père. En effet la réponse de Jésus à la remontrance de sa mère est effectivement étonnante : « Ne le savez-vous pas ? C’est chez mon Père que je dois être. » On peut comprendre aisément que Joseph et Marie ne comprirent pas ce qu’il leur disait.

          D’autres épisodes au cours de la vie de Jésus passent pour être toutes choquantes. Nous pouvons avoir le sentiment que Jésus veut s’éloigner de ses proches, de sa famille, à commencer par sa mère... Il dira lorsqu’il commence sa vie publique dans son village de Nazareth : « Nul n’est prophète dan son pays » ce qui va déclencher la colère des habitants de Nazareth, qui l’avaient bien connu !

          Puis ce sont les propres membres de sa famille qui ne le comprennent plus. Ils disaient : « Il a perdu la tête ». Ils cherchaient à le faire revenir à la maison. Mais lui, déclare : « Qui est ma mère ? et mes frères ? En promenant son regard sur ceux qui étaient assis autour de lui, il dit : Voici ma mère et mes frères, quiconque fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, et ma sœur et ma mère ». Bien sûr, celle qui la première a fait la volonté, c’est bien la Vierge Marie. « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». Mais c’est vrai, nous aurions pu attendre de Jésus un peu plus de délicatesse pour les siens. Jésus ne renie pas son enracinement humain. Sur la croix, Jésus dira à St Jean en lui présentant sa mère : « Voici ta mère ». En disant cela, il le confie à sa mère. Déjà lorsqu’il est interrogé par un jeune riche qui vient lui demander ce qu’il faut faire pour être un bon juif pieux et par conséquent avoir la vie éternelle, Jésus lui rappelle le commandement de Dieu où il est demandé d’honorer son père et sa mère. Jésus veut rappeler les liens fondamentaux, les liens du sang s’enracinent, c’est l’amour de Dieu pour tous les hommes, c’est l’amour de Dieu qui pour un chrétien est au cœur même de la vie de famille. Célébrer la Sainte Famille, c’est nous rappeler que toute famille doit être ouverte sur le sens même de toute vie, participer à la vie même de Dieu !

          Seigneur Jésus tu nous révèles, le visage de ton Père, et tu nous fais entrer dans ta famille. Comme Marie et Joseph, donne-nous de garder ces événements dans notre cœur. Que ton amour habite en nous et fasse vivre chacune de nos familles. Conduis-nous vers ton Père, toi qui as dit : « je fais toujours la volonté de mon Père qui est aux cieux !»