Demeurons ce soir quelques instants avec les bergers aux pieds de Jésus, entouré de Marie et de Joseph. Nous pouvons d’abord nous interroger. L’ange et la troupe céleste ont dû se tromper de scène. A quoi rime cette grandiose liturgie pleine de lumières et de chants au cœur de la nuit pour de simples bergers gardant leurs troupeaux..., ces hommes pauvres, rejetés parce que considérés comme impurs, car ils gardaient des bêtes, leurs moutons. Cela ne va pas ensemble. Pourtant dans cette rencontre et cette annonce de l’ange aux bergers, c’est toute la foi chrétienne qui s’exprime. Oui Jésus est bien l’envoyé de Dieu, le sauveur, mais il ne l’est pas à la manière des puissants de ce monde. Dans ces bergers qui viennent à la crèche, c’est le signe que Dieu aime tous les hommes sans exception.
Un signe est donné aux bergers : « Un nouveau né couché dans une mangeoire ». Ce signe ne surprend ni ne déconcerte les bergers, comme s‘ils pressentaient que Dieu est le Dieu des pauvres. Ce sont des pauvres qui vont rencontrer un roi, mais un roi pauvre. « Vous trouverez un nouveau né emmailloté, couché dans une mangeoire ». Jésus ne vient pas dans la gloire humaine, la force. Jésus se présente dans la pauvreté et la fragilité. Il se montre revêtu de notre nature, emmailloté dans notre faiblesse humaine. C’et toujours la même chose aujourd’hui. Ce n’est pas dans la grandeur humaine, dans ce qui brille, qu’on trouve Jésus, c’est dans le petit, le pauvre, le malade, l’étranger. Nous pouvons d’ailleurs nous demander, s’il avait fallu que les bergers se rendent dans un palais royal pour rendre visité à cet enfant, auraient-ils osé faire la démarche ?
Le chant des anges s’est adressé aux bergers : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ». L’une des grâces de Noël, c’est de retrouver un regard d’enfant, un regard de pauvre comme celui des bergers à Bethléem, pour chanter les louanges de Dieu, pour nous émerveiller de ce que Dieu a fait pour nous. Les anges ajoutent : « Et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ». La paix est bien le message central de la fête de Noël. Le pape Léon le Grand mort en 461 disait : « la naissance de Jésus c’est la naissance de la paix ». Y a-t-il de la place dans notre cœur pour y mettre la paix et la joie dont l’enfant Jésus veut nous combler ? Accueillir la paix de Noël en la partageant avec d’autres !
Les bergers sont donc les premiers à venir voir le nouveau-né. Les habitants de Bethléem et de Jérusalem ne se sont pas dérangés. Comme si les bergers avaient reçu une mission. Ils sont conviés à veiller un moment auprès de cet enfant. Veiller, ils savaient ce que cela voulait dire. C’était leur métier : « Ils passaient la nuit pour garder leur troupeau ». N’est-ce pas là une prémonition. Un jour Jésus dira à la foule : « Je suis le Bon Berger ». Cette comparaison est étonnante. Depuis sa naissance, Jésus s‘est mis dans la compagnie de ces bergers qui à l’époque n’étaient pas les mieux notés socialement et religieusement. Jean Baptiste désignera Jésus comme l’Agneau de Dieu qui vient enlever le péché du monde, c’est cet agneau que les bergers viennent regarder et garder comme ils le font pour leurs montons. Dans cette présence des bergers à la crèche c’est toute la mission de Jésus qui est signifiée, rejoindre les plus pauvres en se faisant lui-même le pauvre par excellence. Là est la vraie fête de Noël !
Enfin les bergers repartirent en glorifiant Dieu, et en le louant. A notre tour accueillons ce message bouleversant de la présence inconditionnelle de Dieu auprès de nous.
Béni sois-tu Dieu Notre Père, pour le don que tu nous fais en Jésus, Fils de Marie. En cette nuit où les bergers sont venus t’adorer, tu es devenu l’un d’entre nous. Béni sois-tu pour la confiance que tu nous manifestes ainsi, car tu fais de nous des messagers de ta paix, tu nous envoies annoncer au monde la bonne nouvelle d’un Dieu si proche, qu’il vient habiter notre humanité. Oui béni sois-tu pour les siècles des siècles.
Amen.