dimanche 1er novembre  2009  

Fête de la Toussaint   

(année B)

 

 

          Jésus gravit la montagne. Dans l’imaginaire des civilisations antiques, la montagne c’est le lieu où le ciel et la terre se rencontrent. La montagne dans la bible, c’est le lieu de la révélation de Dieu, le lieu où Dieu se rend présent. C’est donc bien autre chose qu’une simple désignation géographique.

          Ainsi dans l’Ancien Testament, Moïse gravit la montagne du Sinaï, où il va recevoir de la part  de Dieu les tables de la loi qui vont sceller l’alliance entre Lui et le peuple juif, ou encore le prophète Elie qui se rend à la montagne de l’Horeb, pour aller à la rencontre de Dieu. C’est pourquoi la bible parle de la montagne de Dieu, le lieu de Dieu.

          Dans l’évangile de Matthieu, que nous venons de lire, ce sont les premières paroles de Jésus et nous savons que les premières paroles de quelqu’un sont toujours importantes. Nous appelons volontiers ce passage de l’Évangile le discours sur la montagne, le lieu donc, qui désigne l’intimité ou la proximité de Dieu. Dans l’Évangile de Luc, Jésus adresse les béatitudes à la foule, mais dans la plaine. Dans l’évangile de Matthieu et cela a une grande signification, c’est aux disciples sur la montagne que jésus réserve les béatitudes.
           « Si l ‘on dit faussement toute sorte de mal à cause de moi ». Cette expression "à cause de moi" revient souvent dans les évangiles. Cette formulation est importante, elle marque la vie du disciple qui suit Jésus. La vie du disciple est engagée à la suite de Jésus. Ainsi les apôtres qui, appelés par Jésus, quittent aussitôt, sans tarder leurs activités de pécheurs pour suivre Jésus. Le disciple vit pour Jésus comme le dit l’apôtre Paul : « ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi ». Suivre Jésus, cela appelle à des renoncements, ne pas se laisser envahir, par tout ce que propose le monde. Les béatitudes en elles-mêmes appellent à des renoncements, avoir toujours plus, toujours plus de pouvoir. Au moment où Matthieu écrit son Évangile, les premiers chrétiens sont persécutés autant par les juifs que par les romains. Ils sont rejetés et méprisés. Nous comprenions mieux alors la finale : « Heureux serez-vous si on vous insulte, si l’on vous persécute, et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous à cause de moi ». Si nous écoutons Jésus, si nous laissons pénétrer en nous sa parole qui va à l’encontre de ce que propose le monde, alors oui nous pouvons entendre ce que dit Jésus : « Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ».

          Heureux. Ce mot ne veut pas tracer un chemin de morale. C’est un cri qui proclame le bonheur de la personne à qui il s’adresse. Jésus dans ces paroles déclare heureux, comme on déclare la paix, comme on déclare l’amour. Cet évangile que nous lisons chaque année le jour de la Toussaint peut nous stimuler pour nous faire grandir en sainteté. Car les uns et les autres nous sommes appelés à la sainteté, "TOUS SAINTS".

          Jésus nous ouvre le chemin des béatitudes. Il nous les offre comme un cadeau qui nous permet de mieux le connaître ou encore de mieux le reconnaître. Ces huit béatitudes sont comme un trésor qu’il nous faut précieusement recevoir au fond de notre cœur. La Toussaint n’est donc pas une fête comme les autres. C’est un jour où tous, chacun et chacune d’entre nous sommes en fête, nous sommes tous et toutes de le fête et en fête. Nous fêtons tout à la fois ce que nous sommes aujourd’hui : par notre baptême, membres de la famille des enfants de Dieu, et ce à quoi nous  sommes appelés, à vivre la sainteté. Pour marcher à la suite de tous ceux et celles qui nous ont précédé et montré le chemin de la sainteté, car ils sont nombreux ces bienheureux, ils ont nombreux ces bienheureux du quotidien. Les béatitudes sont comme le mode d’emploi de la sainteté. Le mot heureux, s’il est une promesse de bonheur, c’est d’abord une invitation à nous mettre en marche. L’essentiel est d’avancer, sans nous préoccuper des étapes à franchir, du chemin parcouru. Dans cet immense cortège, comme le chantent les enfants du catéchisme,

le peuple de longue marche, se mêlent  bien sûr, tous les grands saints de l’histoire, mais aussi les humbles hommes et femmes, qui n’ont pas fait de bruit, mais que Dieu a entendus et vus, parce qu’ils ont tout simplement essayé d’aimer. Sans doute notre nom ne sera jamais au calendrier. Mais si nous essayons de vivre les béatitudes notre nom sera gravé dans le cœur de Dieu. Dieu notre Père, ces hommes et ces femmes de tous les temps ont témoigné par leur vie le visage de ton amour. En mettant leurs pas dans ceux da ton Fils Jésus, ils ont connu la joie qu’il y a à donner sa vie pour ceux qu’on aime. Toi qui nous appelles à être des saints, comme Tu es Saint, donne nous de bâtir ton royaume de bienheureux, ton royaume de justice et de paix.