mardi 22 octobre 2009  

   Semaine Sainte-Claire

 Onction des malades

(année B)

 

 

          Jésus est le miséricordieux par excellence. Dans le mot miséricordieux, il y a le mot cœur. En lisant les évangiles, nous redécouvrons que Jésus a rencontré au cours des trois années de sa vie publique beaucoup de personnes, de petites gens, des rejetés, des exclus de la société, des malades et des infirmes de toute sorte. Son cœur d’homme, son cœur de Fils de Dieu est saisi au plus profond lorsqu’il rencontre ces personnes. Rien de ce qui est humain est étranger à Dieu, rien de ce qui est humain ne laisse Dieu indifférent. Car Dieu a voulu l’homme et la femme à son image et à sa ressemblance. Jésus est la vivante image de la miséricorde du Père. Jésus, toute sa vie a manifesté la miséricorde de Dieu pour tous les hommes, jusqu’à l’acte suprême de la miséricorde, lorsqu’il a donné sa vie en mourant sur la croix, pour nous sauver et nous faire entrer définitivement dans la famille des enfants de Dieu.

          Toute leur vie, Claire et François ont manifesté la miséricorde de Dieu. Ils ont voulu vivre pauvre, comme Jésus pauvre, se faisant ainsi pauvre parmi les pauvres, rappelant ainsi que les plus pauvres sont les préférés dans le cœur de Dieu.

          Ils en ont d’abord témoigné par des actes dans le vie quotidienne, ils ont eu le souci des exclus de l’époque : les lépreux, ceux et celles qui n’avaient pas le droit, à cause de leur maladie contagieuse, de vivre dans la société. Lorsque François a inventé la première crèche, il a voulu qu’avec les animaux soient présents, les bergers qui étaient méprisés parce qu’ils vivaient avec des animaux qui étaient considérés comme impurs et les paysans, petites gens tous simples, en opposition aux riches drapiers d’Assis et de grandes villes d’Italie.

          La vie religieuse en communauté n’est pas toujours facile. Hier les sœurs clarisses d’Arras rappelaient aux enfants que les sœurs ne se choisissaient pas pour vivre ensemble, et qu’elles devaient parfois se manifester de la miséricorde les unes aux autres. Ainsi François écrit à un frère religieux qu’il est important qu’ils mettent entre eux de la miséricorde, il y a un conflit entre un responsable set sa communauté. François parle qu’il faut imiter Dieu dont l’amour ne s’épuise pas et dont la compassion, chaque matin, se renouvelle.

          François évoque la grandeur du misérable. La dignité de l’homme dans son être total, corps et esprit est fondé sur l’amour du cœur de notre Dieu, qui a voulu comme partenaire un être semblable à lui, malgré sa différence radicale. Cet être, comme l’écrit Sainte Claire, la plus grande des créatures, même lorsqu’il se détourne de Dieu, qu’il se montre mauvais et ingrat, Dieu ne cesse de lui faire du bien, et comme il l’a créé et racheté, il  le sauvera par sa seule miséricorde.

          François évoque aussi l’amour fraternel. Pour lui cet amour de bienveillance et cet amour de miséricorde, ne peut se limiter au cercle étroit de la fraternité au sens strict. Il écrit à ses frères : «  Quiconque viendra à eux, ami ou adversaire, voleur ou brigand, qu’il soit reçu avec bienveillance ».

          Les deux textes de la parole de Dieu que nous venons d’entendre nous rappellent encore l’importance de la miséricorde. Pierre et Jean manifestent à cet homme handicapé, infirme depuis sa naissance, toute la miséricorde au nom de Jésus : «  Je n’ai pas d’or ni d’argent, mais ce que j’ai, je te le donne, lève toi et marche ».

          Dans l’évangile Jésus envoie ses disciples deux par deux pour, là encore, témoigner de la miséricorde de Dieu : « Ils chassaient les démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades et les guérissaient ».

          Parmi tous les signes de miséricorde que l’Église propose, il y a l’onction d’huile. Lorsqu’on prend de l’âge, lorsque la maladie nous atteint, l’Église par ce sacrement de l’onction témoigne que Dieu ne nous abandonne pas, qu’il marche avec nous sur la route et qu’il nous accompagne de sa miséricorde.

          C’est bien là, rappelle François, le témoignage central de la bonne nouvelle. Dieu aime les petits et les malades et c’est pour les sauver que le Fils de l’homme est venu dans le monde. Le péché contre l’esprit, le seul, dit Jésus, qui ne soit pas pardonné, c’est de désespérer de la miséricorde de Dieu, car il n’est jamais permis de désespérer de la miséricorde de Dieu.