En cette année 1209, il y a 800 ans, le Pape de l’époque Innocent approuvait officiellement la règle de vie que lui proposait François d’Assise. Cet anniversaire est donc un grand événement pour toute la famille franciscaine. Claire fut une des premières disciples de François. Elle fonda les clarisses, appelées pauvres dames. C’est donc toute notre paroisse qui est en fête du 18 au 25 octobre pour célébrer notre patronne Sainte Claire. Un anniversaire, ce n’est pas seulement un retour sur le passé, faire mémoire, pour nous, nous rappeler la vie de Saint François et de Sainte Claire, mais bien plutôt en contemplant leur vie, nous interroger : comment à travers ce qu’ils ont vécu à leur époque, peut nourrir notre vie de baptisé aujourd’hui ? Au mois de mars 1212, le dimanche des Rameaux, Claire écoute François. Elle est saisie par la manière dont il parle de Jésus et de l’Évangile. Ce n’était pas le première fois qu’elle écoutait François, mais ce jour là, le soir même, elle quitta clandestinement sa famille pour rejoindre François. Nous devinons que ce ne fut pas sans mal, car son père riche drapier la prédestinait au mariage avec un jeune richissime d’Assise. Avec les moyens de son époque, Claire se mit à l’écoute de l’Évangile, de la Parole de Dieu : « Vivre l’Évangile disait-elle, rien de moins, rien de plus ! » Cette année, après avoir lu l’année dernière l’Évangile de Marc, notre évêque nous propose de lire l’Évangile de Luc, de constituer à nouveau des maisons d’Évangile. Dans notre paroisse, plusieurs maisons d’Évangile se sont constituées, près de 1000 dans le diocèse. Tous et toutes ont été heureuses de découvrir ou de redécouvrir l’Évangile. Toutes ces maisons sont entrain de redémarrer. Il n’est jamais trop tard pour commencer. Il suffit simplement de m’en parler. Fils et fille de riches drapiers, François et Claire ont décidé de vivre dans une pauvreté radicale. Ils donnaient tout ce qu’ils avaient, même leurs vêtements. Claire était fasciné par le Christ pauvre. Avec beaucoup de difficultés, car à l’époque on considérait que pour être indépendant, ne dépendre de personne, les monastères devaient posséder des propriétés, Claire obtint du Pape le privilège de pauvreté. Elle fut la première femme à écrire une règle monastique. Elle se définissait ainsi : « Claire très humble et indigne servante du Christ et des pauvres dames ». François et Claire vinrent en aide à ceux et celles qui à l’époque étaient considérés comme les plus démunis, ceux et celles qu’on rejetait, qui étaient exclus de la société : Les lépreux. En 2009 beaucoup de familles sont touchées par la crise et le chômage. On me disait cette semaine, que dans des familles à Hénin des enfants ne mangeaient pas de la viande une fois par semaine. A la suite de Claire et de François, ouvrons notre cœur, bien sûr dans la mesure de nos moyens, n’hésitons pas à partager, avec ceux et celles parfois dans nos propres familles qui sont dans le besoin. François et Claire attachaient beaucoup d’importance à la vie communautaire, la vie fraternelle était simple et joyeuse. Claire ne faisait aucune différence entre les origines sociales des sœurs. Dans les récits de sa vie, il est raconté que Claire était attentive à la vie de ses sœurs jusque dans les moindres détails. Ainsi n’hésitait-elle pas à se lever la nuit pour recouvrir ses sœurs, de peur qu’elles ne prennent froid. Dans notre monde si dur, où chacun et chacune essaie de se prémunir, où les autres risquent de ne plus compter, baptisés, il nous faut remettre au cœur du monde la fraternité. Fraternité d’abord entre chrétiens, nous rappelant le réflexion que les païens disaient en voyant vivre les premières communautés chrétiennes : « voyez comme ils s’aiment », mais fraternité aussi avec les hommes et les femmes de toute culture, race ou religion en nous rappelant encore les paroles du chant : « Tout homme est une histoire sacrée, l’homme est à l’image de Dieu ». Claire et François dans leurs prières rendaient constamment grâce à Dieu. François louait Dieu pour le frère soleil ou la sœur lune. Il accueillait la nature comme un cadeau de Dieu et il en remerciait le Seigneur. Proche de la nature, c’est lui qui inventa le première crèche de Noël, avec la présence des animaux, l’âne, le bœuf, les moutons. Souvent notre prière est une demande. Apprenons à remercier le Seigneur, apprenons à voir dans nos vies les signes de la présence de Dieu et en rendre grâce. Au moment où vivaient François et Claire eut lieu la première croisade. Il s’agissait pour les chrétiens de reprendre Jérusalem, qui étaient détenus par les musulmans. François, contre l’avis de son entourage qui craignait de ne plus le revoir, n’hésita pas à aller à la rencontre du Sultan, et cette rencontre se passa dans les meilleures conditions. Jean Paul II pendant son pontificat organisa à Assise une rencontre interreligieuse avec les responsables de toutes les religions du monde. Chacun put comme il le souhaitait, s’adresser à Dieu dans une prière, samedi, prochain nous pensions proposer une rencontre interreligieuse. Le nouveau responsable de la communauté musulmane d’Hénin a accueilli cette proposition avec beaucoup de joie, mais il est actuellement absent de notre région. Nous vivrons plus tard cette rencontre interreligieuse avec nos frères protestants, réformés et baptistes et musulmans. L’Évangile de ce dimanche nous rappelle ce qui était au cœur de la vie de François et de Claire, servir Dieu et servir les frères. Laissons à nouveau retentir dans notre cœur les paroles du Christ : « Celui que veut être le premier sera l’esclave de tous, car le fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude ». |