dimanche 20 septembre 2009  

 25è dimanche du temps ordinaire

(année B)

 

 

          Si nous regardons comment la bible et surtout l’Ancien Testament parle de Dieu, des expressions reviennent souvent, le Très Haut, le Dieu tout puissant qui est craint par le peuple juif. Si nous regardons les sculptures qui ornent les murs extérieurs des cathédrales, il n’est pas rare de voir des humains qui sont chassés par des diables avec des cornes et des fourches et qui sont emmenés en enfer. N’avons-nous pas pour dicton : « la crainte c’est le commencement de la sagesse » ou encore n’a-t-on pas dit souvent aux enfants : « tu t’es brûlé, tu as vu, c’est le bon Dieu qui t’a puni » ou encore ne nous arrive-t-il pas de dire : « qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour qu’il m’arrive ceci ou cela ». Un auteur un peu provocateur a osé nommé Dieu  le très bas.
          Saint Paul lui-même dans sa lettre aux habitants de la ville de Philippe écrit en parlant de Jésus : « Lui-même qui était dans la condition divine, il n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu, mais au contraire, il s’est dépouillé lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s’est fait obéissant, jusqu’à mourir et à mourir sur une croix ». Ces paroles de L’Apôtre font écho à l’Évangile de ce dimanche : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier et le serviteur de tous. C’est le geste symbolique accompli par Jésus, qui, nous est rapporté dans l’Évangile de Jean. C’est juste avant la cène, Jésus accomplit le geste des esclaves, se faisant esclave parmi les esclaves. Il se met à genoux devant ses Apôtres et il leur lave les pieds. Il donne lui-même l’explication de son geste  : « Si donc moi le maître et le Seigneur, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné, afin que vous fassiez comme j’ai fait pour vous ». Toute sa vie, Jésus a servi, toujours disponible au Père, à chacun, à tous.

          Dans l’Évangile de ce dimanche , Jésus prend un enfant et le place au lieu de ses disciples. Il est aussi un autre épisode où il est aussi question d’enfants. Jésus se repose sur la margelle d’un puits. Voici que des enfants viennent jouer autour de Jésus et ils font du bruit. Les apôtres voulant faire respecter le repos de Jésus veulent chasser les enfants. Et Jésus se met en colère. Il est rare de voir Jésus se mettre en colère. Il leur dit : « Laissez venir à moi les petits enfants, si vous n’êtes pas comme eux, vous n’entrerez pas dans le royaume de Dieu, il les prenait sur ses genoux et il les bénissait. Aujourd’hui ce geste de Jésus peut nous sembler normal, ordinaire, banal,. Mais au moment où vivait Jésus, le geste qu’il accomplit avait de quoi choquer... Dans les civilisations grecque et latine de cette époque, nous avons des textes d’auteurs de ce temps-là, il nous est dit , qu’à Rome on retrouvait le matin dans les poubelles des bébés morts, des garçons trop chétifs pour faire la guerre et des filles quand il y en avait suffisamment pour avoir d’autres enfants. A cette époque , les enfants n’avaient pas de statut humain, ils étaient bien loin d’être des rois. Ils n’avaient pas plus de droits que les esclaves. ils étaient moins bien traités que le bétail qui travaillait dans les champs... Jusqu’à leur majorité, 12-13 ans, ils leur étaient interdits de pénétrer dans les synagogues, car ils ne connaissaient pas la loi.

Aussi en accueillant un enfant au milieu des disciples Jésus proclame de la manière la plus claire possible qu’il ne rejette pas les plus faibles, les plus marginalisés par la société et la religion. En prenant des enfants qui n’avaient pas grande importance, c’est tous les pauvres, tous les sans droits, tous les sans voix que Jésus désigne. Mais Jésus va beaucoup loin, il s’identifie à cet enfant symbole de tous les exclus, tout comme il s’identifiera aux affamés, aux étrangers, tous les démunis. Ne sera-t-il pas traité comme un hors-la-loi, puisqu’il sera condamné à la mort réservée aux esclaves, il sera crucifié entre deux esclaves.

          C’est-là la mission de salut que le Père lui a confié : briser toutes les exclusions, redonner leur dignité aux plus pauvres, aux plus méprisés des hommes. Mais Jésus va encore plus loi, ayant fait l’équivalence entre lui et l’enfant, il ajoute : « Celui qui m’accueille, ne m’accueille pas moi, mais celui qui m’a envoyé ». C’est donc le Père lui-même qui s’identifie aux personnes les plus faibles. Alors si nous continuons à employer en parlant de Dieu, le tout puissant, n’oublions pas d’ajouter tout de suite, tout puissant en amour, un amour toujours donné gratuitement. Autrement c’est toujours une fausse image de Dieu que nous portons en nous.

          A sa suite le Seigneur nous invite, à accueillir, à servir les pauvres, les sans droits, les sans voix.

Nous te rendons grâce pour ta parole qui nous fait vivre, donne-nous de voir en toute femme, en tout homme, en tout enfant un reflet de ton visage. En accueillant ainsi nos frères et sœurs, nous t’accueillons toi le Christ et nous accueillons celui qui t’a envoyé, notre Père et notre Dieu.

Amen.