Dimanche dernier, nous avons d’abord rejoint les Juifs qui étaient scandalisés par les paroles de Jésus disant que sans manger son corps et son sang, ils ne pourraient pas avoir eu eux la vie éternelle. Aujourd’hui nous arrivons à la fin de ce long entretien de Jésus avec la foule, ses disciples et ses apôtres. Il nous faut nous laisser pénétrer par ces propos de Jésus, et ainsi réaffirmer notre foi au Seigneur. Quelques paroles de Jésus dans l’Évangile de ce dimanche semblerait tout d’abord qu’il souhaite atténuer et adoucir la dureté et la force de son propos : « C’est l’Esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont Esprit et elles sont Vie ». Mais ce n’est seulement la foule des Juifs que Jésus avait choqué, mais aussi ceux et celles qui avaient l’habitude de le suivre, de marcher à sa suite sur les chemins de Palestine, ce sont ses propres disciples qui à leur tour ne peuvent accepter les paroles de celui qu’ils considéraient jusqu’à cet instant comme leur maître : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ». Jean l’évangéliste n’hésite pas à écrire comme dramatiser la scène et pour bien montrer que l’heure est grave. Beaucoup de ses disciples qui avaient entendu s’écrièrent : « Ce qu’il dit là est intolérable, on ne peut continuer à écouter. Et à partir de ce moment-là, beaucoup de ses disciples le quittèrent et cessèrent de marcher avec lui ». Curieusement Jésus ne fait rien pour les retenir, comme il n’avait rien fait pour retenir le jeune homme riche qui ne répondit pas à l’appel du Seigneur à le suivre et qui s’en alla tout triste car il avait de grands biens. Nous sommes là au cœur du mystère de la foi. Jésus laisse totalement libres ses disciples et le jeune homme riche d’adhérer à sa parole, à sa personne. Très souvent dans l’Evangile, Jésus dira : « Si tu le veux, viens et suis-moi ». En même temps Jésus n’est dupe, il connaît le cœur de l’homme « Il y en a parmi vous qui ne croient pas, Jésus savait en effet depuis le commencement qui étaient ceux qui ne croyaient pas et qui allait le livrer ! Devant de départ de nombreux disciples, Jésus va jusqu’au bout, on dirait aujourd’hui qu’il veut briser l’abcès. il se tourne vers ceux qu’il a de plus proches, qui ont tout quitté pour le suivre, il leur pose la question de confiance : « Voulez-vous partir vous aussi ? ». Nous pouvons penser que Jésus revienne sur ses propres paroles, pour les expliquer à nouveau, pour en adoucir le sens, qu’il fasse tout pour garder ses propres apôtres. Non, Jésus les laisse à leur tour à leur propre liberté, oui s’ils le veulent, ils peuvent partir eux aussi. Jésus prend un énorme risque. Cette équipe qu'il a composé en appelant un à un ses apôtres : « Viens suis-moi je ferais de vous des pécheurs d’hommes ». C’est toute la mission de Jésus qui risque d’être compromise et d’être vouée à l’échec. Son équipe va-t-elle disparaître ? Si Jésus agit de la sorte, c’est bien que l’essentiel est en jeu, les apôtres sont à l’heure du choix. Ce qu’il donne c’est son corps et son sang, c’est ce que nous célébrons à chaque Eucharistie. Jésus a donné sa vie par amour. A l’interrogation décisive et fondamentale, c’est Pierre lui-même le responsable des apôtres, celui à qui Jésus dira : « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je bâtirai mon église », responsable des apôtres, il répond à Jésus : « Seigneur vers qui pourrions nous aller, tu as les paroles de la vie éternelle, quant à nous, nous croyons que tu es le Saint de Dieu ». Cet acte de foi est l’acte de foi de l’Église depuis 2000 ans ! Depuis 2000 ans, l’Église a bien connu des vicissitudes, des zones d’ombre, comme les croisades, l’inquisition, la vie dissolue des papes au moyen âge, la désunion des chrétiens, beaucoup ont quitté l’Église. Là encore nous sommes au cœur du mystère de la liberté. Aujourd’hui, encore beaucoup de chrétiens s’interrogent, à juste titre, les questions ne manquent pas. Certains ont été troublés par les différentes prises de position des plus hauts responsables de l’Église, décisions et prises de paroles pour beaucoup incompréhensibles. Il a été réconfortant de lier un certain nombre de témoignages de chrétiens redisant leur attachement à Jésus Christ, à son Évangile, au Concile Vatican II. A notre tour Jésus nous pose la question : « Voulez-vous partir vous aussi ? » Reprenons l’acte de foi de Pierre : « Seigneur vers qui irions- nous , tu as les paroles de la vie éternelle. A l’Eucharistie, après la consécration, nous proclamons : il est grand le mystère de la foi. Dans quelques instants nous allons proclamer notre foi, redisons notre attachement à Jésus Christ : Seigneur Jésus, comme Pierre, nous savons que tu as les paroles de la vie éternelle. Avec confiance, nous voulons marcher à ta suite. Que ton Esprit nous aide à communiquer à d’autres la vie qui nous unit à toi. |