15 août 2009  

  Fête de  l'Assomption 

(année B)

 

 

          La Vierge Marie, toutes les générations d’hommes et de femmes se sont tournées vers elle sous les vocables les plus divers. Comme si on pensait quelquefois qu’elle détenait la solution à tous nos problèmes, à toutes nos angoisses, à toutes nos inquiétudes. A certaines époques ne l’a-t-on pas appelé ma mère des causes désespérées, comme si elle réglait tous nos problèmes d’un coup de baguette magique.

          L’abbé André Sève décédé il y a quelques années, il écrivait dans le journal "La Croix", il participait aussi  à la rédaction de la revue liturgique signes d’aujourd’hui, a rédigé juste avant sa mort  un livre de méditation sur Marie dont le titre est « Marie je te regarde ».

Il écrit dans ce livre « je n’arrive pas à voir Marie dispensatrice de toutes les grâces, des petits cadeaux que Marie détacherait d’un gigantesque arbre de Noël. C’est ridicule. Elle révèle simplement la présence de Dieu en nous. Elle n’est pas une chose à distribuer, mais elle est un courant d’amour qui vient de Dieu et qui nous dit : « veux-tu ? ».

          Par l’Évangile et par la vie, nous sommes appelés à répondre oui. Marie est celle qui a dit le oui humain le plus puissant et d’une manière si parfaite, qu’elle peut être le modèle de tous nos oui qui doivent rejoindre comme le sien le oui suprême humano-divin de Jésus Sauveur :

« Père que ta volonté soit faite et non le mienne », Marie nous invite à dire oui. Elle éclaire nos vies. Si justement le miracle de Marie était son côté anti-star, anti-réponse à tout. Si à travers les cinq continents, les croyants se tournent vers elle, n’est-ce pas parce que beaucoup ressentent au plus profond d’eux-mêmes que Marie est proche de la vie quotidienne avec son lot de joies et de souffrances, si tant d’hommes et de femmes se tournent vers elle, n’est-ce pas parce qu’elle est simplement, femme, mère et disciple.

          Elle n’était qu’une femme, elle est notre sœur, fille de notre race et de notre sang, une femme simple, ordinaire, une femme de son pays.

Elle n’était qu’une mère, et pas seulement au moment de la naissance de Jésus. Nous le retrouvons pleinement mère quand Jésus est perdu au temple. Après trois jours de recherche, ses parents Marie et Joseph ne peuvent cacher leur émotion et sa mère lui dit : « Toi que j’ai mis au monde, pourquoi nous as-tu fait cela ? Voici ton Père et moi-même, nous te cherchions angoissés ». Les douleurs de l’enfantement se poursuivent. La mère vit l’angoisse du malheur possible pour son enfant. Déjà le vieillard Siméon lui avait dit, lors de la présentation de Jésus au temple : « un glaive te transpercera le cœur ». Elle doit accepter alors qu’elle est probablement veuve, de se séparer de lui pour qu’il suive son propre chemin. Il lui dira : « je dois être aux affaires de mon Père ».

          Quant aux noces de Cana, Jésus s’adresse à sa mère, il lui dit : « femme que me veux –tu, mon heure n’est pas encore venue, c’est  qu’il ne veut pas privilégier les liens du sang... Marie apparaît alors comme la représentante de l’humanité qui ne peut recevoir son salut que d’un autre. Marie n’a aucun, privilège. Mais bien plutôt, les événements la bousculent, elle ne fait qu’exprimer une foi toute confiante : « Heureuse plutôt  celle qui écoute la parole de Dieu et la met en pratique ».

          Aujourd’hui nous fêtons l’Assomption de la Vierge Marie. Voici quelques lignes de la méditation du Père André Sève à propos  de l’Assomption et du couronnement de la Vierge : « Assomption. Marie de la grande espérance, Mais aussi de l’attente très riche. Elle nous montre comment vivre sur la terre avec l’éternité plein la tête. Le Christ est à notre porte pour nous emmener chez lui, où nous verrons la splendeur de la Vierge du 15 août. Le jour de son assomption, nous découvrons en Marie la lumière de notre plénitude : mystère de ce que sera notre propre entrée dans la gloire.

         Le couronnement de la Vierge. Danger. Certains tableaux et certaines louanges placent Marie au centre de tout, à part de tout. Elle n’est pas un monde à part, elle n’a pas introduit le Fils de Dieu dans sa maison, dans son corps et dans sa vie. C’est l’Esprit qui la fait entrer dans le monde de Jésus. Il n’y a pas de dévotion à Marie toute seule, reine d’un royaume imaginaire. Il n’ y a qu’une dévotion à Marie au service de Jésus ; elle nous révèle comment on peut être aimé de Jésus. Et là elle est reine, reine de l’attirance à Jésus. Lorsque nous prions Marie, quand nous chantons ses louanges, si Jésus ne surgit pas tout de suite dans nos pensées, nos chants et notre rosaire, c’est que nos Avé ne vont plus à la vraie Marie... Elle est la reine de nos vies pleines de Jésus. Oui, Marie est couronnée, mais dans le royaume du Christ Roi. 

          Elle a tellement été fidèle, qu’elle a eu tout de suite part à la vie du Christ ressuscité. Elle est notre commune espérance. La mort ne peut plus triompher, puisque Dieu l’a vaincue, un jour nous aussi nous vivrons avec lui. Qu’a-t-elle fit pour mériter tous ces éloges et sa gloire dès aujourd’hui près de son Fils Jésus le Seigneur. A lire l’Évangile, elle se contente d’être là, discrète et presque silencieuse pour dire oui à tous les appels venus de Dieu. Marie n’est pas l’essentiel, elle est au service de l’essentiel. Elle était là, de Nazareth jusqu’au calvaire, auprès d’Elisabeth sa cousine, et parmi les invités aux noces de Cana, femme et mère, humble et servante, aimante jusqu’à l’extrême, le cœur transpercé et fidèle jusqu’au bout : « Voici la servante du Seigneur, que tout se passe pour mois selon ta parole ».

C’est sa vieille cousine Elisabeth qui nous révèle tout le secret de la vie de la Vierge Marie, elle est heureuse parce qu’elle a cru, et le Fils de Dieu a pu prendre chair, et Dieu sauve son peuple... Marie le croyante, montre à tous le chemin, chemin de foi, chemin de croix, chemin de joie. Tous ceux qui croiront pourront un jour avec Marie contempler et chanter les merveilles que fit pour eux le Seigneur en un Magnificat qui ne finira pas :

 

Première dans la foi, tu as dit oui Marie, à l’offre d’amour du Dieu très haut

Première dans la joie  tu connais Marie, un bonheur infini en donnant le Sauveur au monde

Première près de la croix, tu nous apprends à dépasser nos doutes pour accueillir la paix

Première dans la gloire, tu nous redis Marie que tout homme est une histoire sacrée

Première auprès de ton Fils, tu veux Marie accompagner nos pas et nous guider vers lui

Première d’entre nous reçois notre louange.

Amen.