dimanche 19 juillet 2009  

 16è dimanche du temps ordinaire

(année B)

 

 

 

          Lorsqu’on est en période de crise et nous y sommes actuellement, beaucoup s’interrogent et s’inquiètent, voir même s’angoissent. De quoi demain sera-t-il fait ? Certains ont perdu leur emploi, d’autres craignent de le perdre. Quel avenir nous est réservé ? Peut-on encore faire

des projets. ? Une personne d’une soixantaine d’années me disait avoir peur. Je lui ai demandé les raisons et les motivations de sa peur, elle m’a répondu : « Je ne sais pas mais j’ai peur ».

          La tentation est alors grande de se tourner vers des bonheurs superficiels et éphémères qui apparaissent très vite comme illusoires, on fait appel à des voyantes ou des cartomanciennes, on se laisse prendre aux jeux si nombreux, croyants gagner une fortune.

          Au temps où Jésus vivait en Palestine, la situation humaine de ses compatriotes juifs n’était pas facile. Le Pays était occupé par l’armée romaine qui faisait peser durement son joug sur le petit peuple. Il fallait payer l’impôt à l’empereur, Zachée remplissait cette tâche, mais en plus il appauvrissait encore les gens en les volant. Nous avons quelques exemples dans l’Evangile qui nous indique la pauvreté de certains juifs. Cette femme qui retourne toute sa maison pour retrouver deux petites piécettes qu’elle a perdues. C’était toute sa fortune. Et elle appelle ses voisins pour leur dire sa joie et leur annoncer la bonne nouvelle, elle a retrouvé sa menue monnaie... Cette autre femme qui essaie de réparer en vain un vêtement bien usagé. Elle essaie de coudre un morceau de tissu neuf, mais cela ne tient pas. Probablement, qu’elle n’avait pas les moyens de s’acheter un vêtement neuf.

          Joseph était artisan, puisque la tradition nous dit qu’il était charpentier, mais il ne devait pas avoir de grands moyens financiers. Car quand il vient au temple avec Marie pour présenter son bébé Jésus, il ne peut en remerciement pour le sacrifice à Yahvé qu’offrir deux petites tourterelles, alors que d’autres plus fortunés offraient des animaux bien plus importants. C’est avec tout cela dans le cœur, qu’il nous faut comprendre l’Evangile de ce dimanche : « En débarquant , Jésus vit une grande foule, il fut saisi de pitié envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger et il se mit à les instruire ».

         Il fut saisi de pitié, il ne s’agit pas de la pitié dont notre monde fait preuve. Quand nous disons : « Tu me fais pitié »  bien souvent c’est une réflexion méprisante, condescendante, voir même blessante qui alors écrase encore plus l’autre. Quand l’évangéliste nous dit que Jésus est saisi de pitié, cela signifie que Jésus est bouleversé jusqu’au plus profond de lui-même, qu’il est saisi jusqu’aux entrailles. Le mot pitié dans la bible exprime le tendresse maternelle de Dieu. Le cœur de Jésus est remué devant la détresse de son peuple, comme le cœur d’une mère devant la souffrance d son enfant. Jésus se laisse toucher par cette foule accablée, égarée, en attente.

          Si nous lisons l’Ancien Testament, nous trouvons des passages qui évoquent cet amour-tendresse de Jahvé. Le prophète Jérémie dira : « Ephraïm est-t-il donc pour moi un fils si cher que mes entrailles s’émeuvent pour lui, que pour lui déborde ma tendresse ». Et le prophète Osée ajoutera : « Comment t‘abandonnerai-je, Ephraïm, mon cœur en moi est bouleversé, toutes mes entrailles frémissent ».

          Les apôtres rentrent de leur première mission, ils ont constaté les difficultés, peut-être la misère du peuple, ils ont été témoins de beaucoup de souffrance en rencontrant des malades de toute sorte. Cela n’a pas été facile pour eux. Ils se mettent ainsi à raconter à Jésus ce qu’ils ont vécu. En les emmenant à l’écart, Jésus va prendre du temps avec eux pour relire leur première mission, les moments de bonheur, probablement quand ils ont annoncé la bonne nouvelle, mais aussi  les problèmes qu’ils ont dû affronter. C’est aussi ce que fera Jésus sur la chemin d’Emmaüs, lorsqu’il reprendra avec les deux disciples les événements qui venaient de se passer, sa condamnation, sa mort sur la croix , pour révéler le sens profond de ce qu’ils venaient de vivre : « Il fallait que le Fils de l’homme souffre pour entrer dans sa gloire ».

          Disciples de Jésus-Christ comme l’ont toujours proposé les mouvements d’action catholique, nous sommes invités à relire notre vie à la lumière de l‘Evangile ? C’est encore plus important dans les moments difficiles ou de crise, que le Seigneur mette en nous sa pitié, sa tendresse envers les brebis sans berger d’aujourd’hui.

          En ce dimanche Seigneur, nous faisons halte près de toi. Que ta parole nous aide à poursuivre la route. Donne-nous d’être attentifs à tous ceux et celles qui cherchent un sens à leur vie. Que le témoignage de notre vie leur révèle que tu es le Dieu d’amour.

Amen.