Fidélité, proximité, ces deux mots courent à travers toute la bible, aussi bien dans l’Ancien Testament que dans le Nouveau Testament. Fidélité :Jahvé par la voix de ses prophètes redit que cette alliance conclue avec son peuple, jamais il ne la reprendra malgré les nombreuses infidélités du peuple élu : « Je conclurai avec vous une alliance éternelle ». Et cette affirmation forte et étonnante : « Si une mère abandonnait son enfant, moi dit Dieu, je ne t’abandonnerai pas ». Dans le nouveau testament la parabole du Père prodigue en amour nous rappelle que Dieu ne revient pas sur sa fidélité, son enfant a pu quasiment le trahir, le Père continue à l’aimer fidèlement, il est là les bras grands ouverts pour l’accueillir sans un mot de jugement et de condamnation. Jésus lui-même est le fidèle par excellence : « Je fais toujours la volonté de mon Père qui est au cieux ». Et il dira dans sa prière au jardin des Oliviers : « Père que ta volonté soit faite et non la mienne ». La Vierge Marie elle-même proclamera au moment de l’annonciation sa fidélité à l’appel reçu de Dieu : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ».
Proximité : Dès les origines, Dieu a voulu se faire proche de l’homme puisqu’il le crée, homme et femme à son image et à sa ressemblance. Il se rend proche aussi de son peuple lorsqu’il appelle Moïse à le libérer du joug du Pharaon. Proximité de Jésus , tout d’abord avec son Père « Mon Père et moi nous sommes un ». Proximité encore de Jésus avec les innombrables blessés de la vie qu’il rencontre, il entre en relation avec eux, il touche les malades, n’hésitant pas pour la loi juive à se rendre impur avec les impurs. Proximité aussi de la Vierge Marie, lorsqu’elle visite sa cousine Elisabeth. Proche, attentive à ce couple dans l’embarras le jour de son mariage. Elle interpelle son Fils : « Ils n’ont plus de vin ! » Chères sœurs, fidélité et proximité animent toute vie de religieuse. C’est vous-mêmes qui avaient choisi les différents textes de la parole de Dieu que nous venons d’entendre. Je le disait tout à l’heure, les deux premiers textes viennent de la messe de béatification de votre fondatrice, Anne-Marie Javouhey. Ce long psaume 118 qu’elle aimait méditer. Elle était fidèlement attachée à la parole de Dieu : « Je me délecte de tes décrets, je n’oublie pas ta parole. Je vivrai et je garderai ta parole. Heureux ceux dont la conduite est intègre et qui suivent la loi du Seigneur. Je garderai sans cesse ta loi et à tout jamais ». Fidélité au charisme de votre congrégation, fidélité au projet de votre communauté locale. Je sais des communautés religieuses qui chaque semaine prennent un long temps de partage pour relire leur vie et voir comment, on est fidèle à ce que la communauté a décidé de vivre. Proximité les 3 autres textes de la Parole de Dieu en soulignent l’importance : le texte d’Isaïe invitant à être proches de tous ceux qui souffrent, l’Apôtre Paul rappelant à ses premiers chrétiens qu’ils doivent vivre la générosité du Christ lui-même. L’Evangile où Jésus nous redit ce qui est au cœur de toute vie de baptisé : « Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres ». J’aime à raconter ce souvenir personnel. Aumônier de la JOC, je visitais régulièrement les sœurs de St Vincent de Paul à Grenay, nous partagions ce qu’elles vivaient et je m’intéressais aux rencontres qu’elle vivaient avec les jeunes de leur quartier. Une fois la supérieure se tournant ver ses sœurs leur a dit : « Je vous avais bien dit qu’il allait nous redemander de faire le trottoir ». J’ai pu constaté après un an de présence à Hénin que vous faites régulièrement le trottoir, en vous rendant proches de personnes de votre quartier, participant tous les jours au soutien scolaire, mettant en place un atelier couture en lien avec Saint-Vincent de Paul, proches de jeunes en les accompagnant vers la réception des sacrements, Baptême, Eucharistie, Confirmation, proches des jeunes se préparant au mariage, attentives aux souffrants, aux malades , aux handicapés, proches des prisonniers, et des migrants comme à Calais. Nous prêtres nous sommes aussi invités à relire notre vie à la lumière de la fidélité et de la proximité . Paul célèbre ses 60 ans de sacerdoce, Bernard ses 25 ans. Cette Fidélité à l’appel du Seigneur vous la vivez depuis de longues années. Vous vous rendaient proches des plus pauvres en vivant en Afrique et en Amérique Latine. Il nous faut bien reconnaître que prêtres nous avons plus de mal aujourd’hui à vivre la proximité à cause des multiples tâches. Mais il reste pour Paul, Bernard et pour chacun de nous prêtres, cette question permanente, comment être proche de ce peuple auquel nous sommes envoyés ? Chers sœurs, vous rappelez aussi à tous les baptisés, à tous les laïcs les deux piliers de toute vie chrétienne. Fidélité dans le mariage, pas seulement au sens restrictif du terme, mais fidélité au quotidien, dans le actes les plus simples de la vie de tous les jours. Proches bien sûr de tous les membres de nos familles, amis, proches aussi de tous ceux que la vie nous fait rencontrer, en particulier les plus démunis de nos frères, nous souvenant de la parole du Christ : « Chaque fois que vous l’avez fait à l‘un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Aujourd’hui vous nous rappelez que Fidélité et proximité animent toute vie chrétienne. Merci mes Sœurs ! |