Jésus se trouve à table avec ses disciples, pas pour n’importe quel repas. En Juif pieux, respectant les traditions religieuses, il célèbre la Pâque, c'est-à-dire, il fait mémoire de l’événement fondateur de l’histoire du peuple juif, le passage de la mer rouge par le peuple juif qui vient de fuir l’Egypte. L’heure est grave. Jean écrit : « à l’heur où Jésus passait de ce monde à son Père ». On peut deviner le ton de la voix. Jésus sur le ton de la confidence parle à ses amis les plus proches, ceux qui l’ont suivi durant toute sa vie publique. Il leur parle de ce qui pour lui est essentiel. Il leur parle d’amour. Jésus sait que ses heures sont comptées, que sa mort est toute proche. Il est allé jusqu’au bout. Cet entretien de Jésus avec ses amis peut être entendu comme un testament, c’est aussi un moment de recueillement, où l’on ne parle pas pour ne rien dire, où tous les mots comptent et ont du poids. Jésus vient d‘accomplir un geste fort, symbolique, il vient de laver les pieds à ses disciples, il vient aussi de leur dire qu’à leur tour, ils doivent pratiquer ce geste, signe de l’amour fraternel pour tout être humain. Au cour du discours de Jésus c’est l’évocation de sa mort, comme un don total. Le Père, source de l’amour, manifeste en Jésus l’amour pour tous les hommes, à tel point que Jésus fait cette confidence inouïe : « je vous appelle mes amis » ! Laissons retentir dans notre cœur, les mots essentiels du passage que nous venons de lire : demeurer, aimer porter du fruit. Comment entendre cet appel à demeurer ? Jésus l’explique lui-même « J’ai gardé fidèlement les commandements de mon Père ». Il s’agit donc d’obéir et de garder les commandements. Jésus ne fait aucune différence entre aimer et garder les commandements. Il avait dit lui-même « Il ne s’agit pas de dire Seigneur, Seigneur, pour entrer dans le royaume des cieux, mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux ». Nous sommes dans l’ordre du concret, du réalisme. Il s’agit certes d’écouter la parole de Dieu, encore faut-il la mettre en pratique dans la vie quotidienne. Ainsi si nous vivons cela, nous demeurons. L’amour trouve son origine, sa source dans le Père. Jean dit dans son Evangile « Dieu est amour ». L’amour du Père au Fils, et du Fils aux disciples. Il s’agit du même souffle, de la même tendresse, de la même unité, d’un même esprit. Jésus donne alors à ses disciples tout le sens de sa vie : « Il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ses amis. Le mot amis revient trois fois « vous êtes mes amis… je vous appelle mes amis » Jésus a tout dit du Père, il a donné sa vie, il a livré le secret de son intimité avec le Père. Il nous a fait tout connaître, comme un ami parle à ses amis. Dans l’ancien testament, seuls Abraham et Moïse sont appelés amis de Yahvé, eux seuls ont parlé face à face avec Dieu, à eux seuls Yahvé communique ses projets. Aux autres, qu’il appelle serviteurs, il a confié la réalisation et l’exécution de ses projets. Jésus nous invite en étant ses amis à vivre cette intimité, cette tendresse, et en même temps cette exigence de l’amitié vraie. Yahvé dans l’ancien testament avait choisi un peuple, le peule élu, Israël pour être témoin auprès des autres peuples. Jésus appelle ses disciples, pour qu’ils soient à leur tour des témoins. Les païens disaient des premiers chrétiens « Voyez comme ils s’aiment ». Leur amour mutuel était si visible, si concret, qu’il conduisait les gens à s’interroger, à se poser la question de l’origine de cet amour. Par toute leur vie, les disciples deviennent révélation du Père et du Fils, c’est dans le passage que nous avons lu, cela revient comme un refrain : « Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés, ce que je vous commande c’est de vous aimer les uns les autres ». Se Savoir aimé par Dieu à la folie, cela ne peut donner que du bonheur et de la joie. « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que vous soyez comblés de joie ». Ce que jésus veut nous donner, il sait que cette joie rien ni personne ne pourra l’enlever, ni les difficultés, ni la maladie, ni les échecs, ni les déceptions « car son joug est facile et son fardeau léger » ! La joie donné par Jésus est un rempart contre la peur, le découragement, la jalousie. La joie que Jésus nous offre est un plus de vie, de reconnaissance, la joie qui demeure et qui engage. La joie première est en Dieu. Elle est celle du Père prodigue en amour qui accueille son enfant, qui est de retour, elle est celle du bon berger qui retrouve sa brebis égarée. Dieu notre Père, tu nous as aimés le premier, et tu as envoyé ton Fils dans le monde, pour qu’il manifeste son amour sans limites. Donne nous de savoir ouvrir nos cœurs à son commandement d’amour. Fais-nous découvrir qu’il n’a pas de plus grande joie que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. |