Paul dans sa lettre aux Ephésiens, c’était la deuxième lecture de ce dimanche, nous révèle le mystère de Dieu, il écrit « Dieu est riche en miséricorde. A cause du grand amour dont il nous a aimés, il nous a fait renaître avec le Christ. Avec lui il nous a ressuscités » Nous approchons à grands pas de la Semaine Sainte. La croix apparaît à l’horizon... Le Seigneur Jésus veut faire comprendre à son entourage que sa mort sur la croix, qui était à l’époque la mort la plus épouvantable qui soit, n’est pas pour lui un supplice, mais un moyen de salut, un moyen de vie. L’apôtre Jean le rappelle avec force « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique. Ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour juger le monde, mais que par lui le monde sera sauvé ». Le signe de ce salut, c’est qu’il va être élevé sur la croix, pour que tout homme qui croit obtienne la vie éternelle. Jésus de prendre une image de l’ancien testament, une image que ses auditeurs connaissaient bien. Dans le désert Moïse a élevé un serpent de bronze. De quel événement s’agissait-il. Dans leur marche vers la terre promise, des hébreux avaient été mortellement mordus par des serpents, car ils s’étaient détournaient de Yahvé, ils avaient fabriqué un veau d’or, se remettant ainsi à adorer les dieux païens. Comme Adam et Eve au jardin d’Eden, ils avaient écouté le démon tentateur, le serpent, et comme le dit l’Ancien Testament, ils aient murmuré contre Dieu. Un signe de salut va leur être donné. Moïse va élevé un serpent de bronze. Celui qui regarderait ce serpent serait sauvé, il serait guéri de la morsure mortelle. Il est écrit dans le livre de la sagesse « il était sauvé non pas par l’objet regardé, mais par toi Seigneur le sauveur de tous. Dieu pardonne et leur donne le salut ». Jésus dans l’Evangile que nous venons de lire s’applique à lui-même l’image du serpent. Désormais notre regard ne va pas comme les hébreux vers un serpent sans vie qui finalement est l’image du tentateur vaincu et qui n’a pas le dernier mot, mais notre regard va vers Jésus qui s’identifie à ce symbole... Il doit être élevé de terre, il doit être élevé sur une croix, nous l’avons dit l’instrument de la mort la plus atroce qui soit. Jésus va affirmer que sa mort sur la croix va devenir le moyen par lequel tout homme qui lui donne sa confiance partagera avec lui la vie sans fin, la vie éternelle. Cette mort horrible devient le signe que Dieu nous donne la vie plus forte que la mort. En entrant dans cette mort, Jésus nous donne la plénitude de son amour. Trois jours après, le Seigneur sera élevé par la résurrection, nous ouvrant ainsi la route vers le Père. Nos refus d’aimer dans notre vie de tous les jours nous entraîne comme dans la mort. Il nous faut nous approcher de Jésus, nous laisser nous transformer par sa mort pour vivre de la vie que nous offre le Père. Jean dans l’Evangile que nous venons de lire emploie une autre image, il parle de ténèbres et de lumière. Le mot lumière revient 5 fois dans le passage que nous venons de lire. Durant ce temps de carême, en regardant Jésus en croix, nous sommes invités à sortir de nos ténèbres, et elles sont nombreuses, tentation du repli sur soi, tentation de l’orgueil, tentation de nous croire meilleur que les autres, tentation du refus de dialogue et d’écouter l’autre, tentation encore de refuser d’aller vers l’autre pour nous réconcilier et pardonner. En regardant le croix, Jésus nous éclaire de sa lumière, lumière de vie , lumière d’amour, lumière d’espérance... Si nous nous laissons envahir par la lumière du Christ, nous pourrons alors à notre tour témoigner que le monde n’est pas fait pour vivre dan les ténèbres, qu’il est fait pour être baigné de l'amour de Dieu qui aujourd’hui prend les couleurs de l’attention au plus petit, qui aujourd’hui prend les couleurs de la fraternité, qui aujourd’hui prend les couleurs du partage et de la solidarité, qui aujourd’hui prend les couleurs de la miséricorde et de la tendresse, qui aujourd’hui prend les couleurs de la compassion, qui aujourd’hui croit que tout être humain quel qu’il soit est chéri tendrement par Dieu. C’est cette lumière que nous pouvons demander ensemble au Seigneur, pour repeindre notre monde aux couleurs de la vie et de l’espérance. Dieu de miséricorde, nous te rendons grâce pour ton Fils Jésus . Par sa parole, nous sommes guéris. Que ton Esprit nous donne d’accomplir des œuvres de lumière. Ainsi notre monde saura que tu es le Dieu qui nous aime pour les siècles des siècles. |