Le passage de l’évangile de Marc que nous venons d’entendre est rempli de symboles de l’Ancien Testament. Le désert tout d’abord. Le désert c’est avant tout le lieu de l’épreuve, de la solitude, lieu aussi du face à face avec soi-même. Mais en même temps le désert c’est le lieu de la rencontre avec Dieu. C’est au désert que Moïse va rencontrer Yahvé qui se révèle à lui « Je suis celui qui suis ». C’est au désert que Moïse va recevoir sa mission : aller trouver Pharaon pour qu’il libère le peuple élu. Le peuple qui quitte l’Egypte va connaître lui-même l’épreuve au désert, quarante ans de marche nous dit la bible, mais c’est au cœur du désert que Moïse recevra les tables de la loi, c’est là que Jahvé conclut l’Alliance avec son peuple, il se révèle à Moïse « Je suis celui qui suis » il s’adresse ainsi à son peuple « je conduirai mon peuple au désert, et là je parlerai à son cœur ». Le désert c’es le lieu de la rencontre avec Dieu. Il n’est pas étonnant que Jésus après avoir été baptisé se rende au désert. Il y reste quarante jours. Nous le savons ce chiffre quarante est un chiffre symbolique, cela veut dire que Jésus reste un long temps au désert avant de commencer sa vie publique. « Jésus partit pour la Galilée proclamer la bonne nouvelle de Dieu et il disait les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. Convertissez vous et croyez à la bonne nouvelle ! ». Le désert c’est aussi parfois l’image de notre vie sur la terre. Depuis mercredi des Cendres nous sommes entrés dans le temps du Carême, nous sommes en route vers la lumière pascale, la rencontre avec Jésus-Christ vivant et ressuscité. Nous marchons comme nous le dit Saint Jean vers la maison du Père où Jésus est allé nous préparer une place. Mais sur cette route comme les hébreux autrefois, nous rencontrons des difficultés, le chemin n’est pas toujours facile, il nous arrive de nous engager dans des impasses qui nous enferment sur nous-mêmes en nous coupant de la relation avec Dieu et avec nos frères. Nous opposons des résistances à Dieu. Il nous faut alors l’aide de Jésus, pour nous soutenir, pour nous guider, pour reprendre avec lui le chemin. Le désert c’est aussi pour nous le temps de nous dépouiller de tout ce qui encombre nos existences quotidiennes, bien souvent des choses futiles et secondaires, qui nous rendent esclaves. C’est un appel au retour à l’essentiel. Seigneur donne nous de te suivre, de nous libérer de tout ce qui entraver notre marche à ta suite ! La deuxième image de l’évangile nous rappelle qu’autour de Jésus, il y avait des bêtes sauvages. Cela nous fait penser au récit de la création, où au milieu du jardin Adam et Eve étaient entourés de bêtes sauvages, mais ils vont eux-mêmes rompre l’Alliance avec Dieu en voulant se faire l’égal de lui. Un ange sera au bord du jardin pour empêcher Adam et Eve d’y rentrer. En reprenant cette image de la création, il nous est indiqué que Jésus est le nouvel Adam, c'est-à-dire qu’il vient rétablir pour toujours cette Alliance entre son Père et l’humanité. Il est lui-même l’Alliance nouvelle et définitive signe de cette Alliance, les anges le servent. Nous sommes invités à vivre cette alliance, à répondre à l’Alliance que Dieu nous propose en son Fils Jésus. Cela doit nous remplir de joie. Car le temps du Carême n’est pas de tristesse et d’austérité, ni une période pour entretenir le sentiment de culpabilité. Le Carême c’est d’abord un moment pour chanter la joie du pardon. C’est le temps de nous tourner vers Dieu pour accueillir son pardon et sa miséricorde. Le Christ, nouvel Adam a définitivement vaincu le mal. Jamais Jésus ne se fatigue de continuer, de continuer à marcher avec nous, à reprendre le chemin avec nous. Nous pouvons croire dans la foi qu’une communion avec lui est possible. Avec lui acceptons d’avancer comme des pauvres de l’Evangile qui se confient à la miséricorde de Dieu. Si Dieu fait Alliance avec nous et qu’il est pour nous miséricorde, vivons ce temps de Carême en faisant alliance avec nos frères, en pratiquant la miséricorde avec eux, dans un monde où l’on est tenté de ne faire de cadeau à personne, où c’est le plus souvent le plus fort qui écrase le plus faible, où celui qui est dominé n’a pas sa place, ni le droit à la parole.
Seigneur Dieu notre Père, tu nous invites à la conversion et à nous tourner vers toi. Par ton fils Jésus et son jeûne au désert, tu nous appelles à sanctifier ce temps de Carême ; accorde nous durant ces jours, de redécouvrir l’essentiel, et de retrouver la source de l’amour, quand nous célébrerons dans la joie de l’Esprit, la Pâque de ton Fils. Amen. |