Départ de Jean-Marie et de Francine

 (Eglise St-Martin de Beaumont, dimanche 8 février 2009) 

 

 

 

         Lorsque enfant j’étais au catéchisme, on me parlait parfois de l’Église. Tout en haut de l’échelle, il y avait le pape, qu’on appelait le souverain pontife, on m’expliquait qu’il était le représentant du Christ sur la terre, et qu’il avait tous les pouvoirs et qu’on n’avait qu’à lui obéir. Puis il y avait les évêques, ils devaient obéir au pape, ils étaient chargés de diriger les différents diocèses du monde entier. En dessous les prêtres, ils recevaient la mission de leur évêque de diriger les paroisses dans lesquelles ils avaient tous les pouvoirs. En bas de l’échelle, il y avait les laïcs, ils n’avaient pratiquement pas la parole, ils n’avaient qu’à obéir, ils étaient là pour aider leur curé, s’il leur demandait. On était dans une église que l’on pouvait représenter par une pyramide. Tout en haut de la pyramide le pape, tout en bas de la pyramide les laïcs.

         Au concile Vatican II , les évêques du monde entier ont voulu complètement changer cette vision hiérarchique de l’église. Ils ont écrits un document important sur l’Eglise. On aurait pu penser qu’ils auraient commencer par parler du pape ! C’est tout le contraire, ils commencent par parler du peuple de Dieu, c'est-à-dire de tous les baptisés. Ce qui est le plus important c’est d’être baptisés. Le pape, les évêques, les prêtres sont d’abord des baptisés. Que tous ensemble nous sommes responsables de la vie de l’église et de l’annonce de l’Evangile, même si bien sûr dans la vie de l’église les responsabilités sont différentes et partagées.

        On disait parfois à cette époque « en dehors de l’église pas de salut », c’est ainsi que beaucoup se sentaient rejetés ou exclus de l’église, un seul exemple les divorcés remariés dont on refusait de célébrer les funérailles chrétiennes à l’église. Là encore les évêques au concile ont rappelé que le chrétiens n’étaient pas en dehors du monde, que l’église n’était pas là pour juger ou condamner le monde, mais que l’Eglise était dans le monde, que les chrétiens vivaient les mêmes joies et les mêmes difficultés que leur frères et sœurs en humanité, que le monde n’était pas mauvais, que l’amour de Dieu était à l’œuvre dans le monde, et que les chrétiens étaient appelés à construire avec tous les hommes et les femmes de bonne volonté ce monde voulu par Dieu, un monde de paix, de justice, de fraternité, de solidarité et d’amour, que la mission des chrétiens au nom même de leur baptême était d’accompagner, de soutenir tous ceux et celles qu’on appelle « les sans ».

       Dans l’évangile que nous venons de lire, regardons avec attention l’attitude de Jésus, que fait-il ? Tout d’abord il prête une grande attention à tous les blessés de la vie qui viennent à lui. il ne juge et ne condamne personne. Tout au contraire, il redonne vie et bonheur, il redonne de l’espérance à tous ceux et celles  qui viennent à lui, et ils sont nombreux. Mais Jésus ne se laisse pas enfermé, emprisonné. Il veut aller vers les autres, ceux et celles qu’il n’a pas encore rejoint « Partons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame la bonne nouvelle ».

       Aujourd’hui nous entourons  de notre amitié et de notre affection, Jean Marie et  Francine qui nous quittent à notre plus grand regret à tous et à toutes. Je voudrais au mon de notre évêque, Mgr Jean-Paul Jaeger, comme doyen de Hénin-Carvin, vous exprimer toute notre gratitude et notre reconnaissance. Je crois pouvoir dire que vous vivez pleinement les deux intuitions de Concile Vatican II.

      Tout d’abord à cause de votre baptême, vous vous êtes sentis pleinement responsables de la vie de l’Église, vous avez mis à son service toutes vos compétences. Comment ne pas souligner tout le travail accompli par Francine au service de la catéchèse des enfants, son travail d’accompagnement et de formation des catéchistes, ses liens avec les parents, mais aussi tout le bénévolat que vous avez vécu tous les deux au service de la communauté chrétienne de la paroisse Sainte-Claire en Héninois, en particulier au sein de la communauté de Beaumont. Vos activités y étaient très nombreuses. Tout cela a été relaté dans le mot d’accueil. Je voudrais simplement vous remercier au nom des prêtres du doyenné pour la préparation, l’organisation et la gestion chaque vendredi, du repas des prêtres du doyenné, que vous avez assuré durant de nombreuses années. Nous pouvons témoigner de vos compétences culinaires. Grâce à vous, nous avons pu chaque semaine un réel temps de partage, de convivialité et fraternité. Je sais aussi combien vous avez entouré de votre attention affectueuse l’Abbé Paul et Mlle Charline. Merci encore.

       Mais vous n’avez pas voulu rester enfermé dans la vie de l’église. nous le savons, voua avez participé activement à la vie de Beaumont. Aussi avec l’équipe de préparation, nous avons souhaité que par un symbole soient représentées les associations auxquelles vous avez activement participé, Jean-Marie et Francine, vous avez contribué à un réel vivre ensemble dans le respect des différences de chacun, dans un monde si dur, si difficile où la tentation est grande du repli sur soi.

       Votre départ c’est un appel pour chacun et chacune d’entre nous, si nous sommes croyants à être plus acteurs de la vie de la communauté chrétienne, des mamans se sont proposées pour prendre la suite de Francine pour la catéchèse d’un groupe d’enfants. Le lundi 16 février à 19h  dans les salles paroissiales à Beaumont,  aura lieu une assemblée générale, vous y êtes cordialement invités.

        C’est un appel aussi pour nous dans la mesure de notre temps disponible et de nos compétences à participer à la vie associative pour contribuer à tisser un indispensable vivre ensemble. Encore une fois Jean Marie et Francine un très grand merci . Vous êtes à la suite du Christ les bons et fidèles serviteurs de l’Eglise et du monde.