Fête du Baptême du Seigneur
( Dimanche 11 janvier 2009)

 

 

 

           Jésus vient de faire une longue retraite de 40 jours et de 40 nuits au désert nous disent les évangélistes. Au cours de ce long temps de prière et de méditation, en union avec son Père, Jésus s’est préparé à la mission que lui avait confiée par son Père. A la synagogue  de son village Nazareth, lorsqu’on lui présenta le livre d’Isaïe , Jésus choisit ce passage « l’Esprit du seigneur est sur moi, parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits, accordée par le Seigneur. » Alors Jésus se mit à leur dire, « cette parole de l’écriture c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit »

           Lorsqu’il se trouvait au désert, Jésus savait parfaitement que cette mission ne serait pas facile. La tentation fut grande pour lui de tout laisser tomber, tenté qu’il fut par Satan. Mais Jésus a choisi la fidélité totale à son Père « Je fais toujours la volonté de mon Père qui est aux cieux » « père que ta volonté soit faite et non la mienne »

            Et voici qu’en quittant le désert, Jésus vient à la rencontre de Jean, c’était vraiment un original, il s’habillait de poils de chameaux et il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Jean se trouvait au bord du désert, ce n’est pas un lieu où un prédicateur risque de trouver beaucoup d’auditeurs, une étrange façon pour Jésus de commencer sa vie publique. Pendant 30 ans jésus a vécu  dans son village Nazareth, au milieu des villageois. Personne n‘avait remarqué particulièrement Jésus. Pour être mieux connu, il aurait mieux fallu que Jésus  commence sa mission à Jérusalem, au temple, le cœur  même de toute la vie juive, Jérusalem la cité de son ancêtre le roi David. Mais non Jésus avait choisi un village inconnu dans la région de Galilée, une terre à moitié paÏenne. On disait fréquemment à l’époque que peut-il sortir de bon de la Galilée. Vraiment qui aurait pu deviner dans le Fils du charpentier du village le messie promis. 30 ans de vie cachée, pour deux ans et demie de vie publique. Ainsi quand Jésus arrive sur les bords du Jourdain, il se mêle à la foule et prend son tour pour recevoir le baptême donné par Jean le Baptiste. Rien le distingue des autres, il n’est qu’un autre parmi les autres.

            Et Pourtant du ciel une voix retentit « C’est toi mon Fils bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour ». Cette voix venue du ciel révèle qui est Jésus, c’est une merveilleuse nouvelle. Il est le Fils bien-aimé du Père, qui a mis tout son amour en lui. Aujourd’hui encore, Le Seigneur Jésus est là tout aussi discrètement  et humblement au milieu de nous, souvent dans la pauvreté. Autant que les gens de village, nous avons du mal à reconnaître la présence de Jésus. A la fin de l’Évangile de Matthieu, Jésus nous dira comment il est présent parmi nous. Il est présent parmi nous dans le prochain, dans le pauvre, le malade, dans l’étranger, le prisonnier. Nous avons bien du mal à voir le Seigneur en eux. Il est aujourd’hui aussi présent en chaque baptisé, en chacun et chacune de nous. Au moment de notre baptême nous sommes entrés dans la famille des enfants de Dieu. A la suite de Jésus le Père nous dit « tu es mon Fils, tu es ma fille bien-aimée, en toi j’ai mis tout mon amour ». Quand chaque année nous fêtons le baptême de Jésus, nous nous rappelons notre propre baptême. C’est vrai que le geste du baptême aujourd’hui a perdu de sa force symbolique quand nous versons quelques gouttes d’eau. A Noël à Ste-Marie a été baptisée une jeune handicapée, nous l’avons plongée dans une baignoire . Sans cesse nous sommes invités à faire mémoire de notre propre baptême, c’est aussi redonner force et vigueur à ce don précieux reçu de Dieu. Nous en faisons l’expérience par nous-mêmes, il ne suffit pas d’être baptisé pour être chrétien, il ne suffit pas d’être baptisé pour mieux vivre en chrétien. Il faut sans cesse animer et réanimer ce premier sacrement que nous avons reçu, pour qu’il prenne en nous toute sa dimension . Etre enfant de Dieu, vivre à la manière de Jésus, témoigner de sa bonne nouvelle, la force nous est donnée par l’Esprit de Jésus lui-même. Jésus en se faisant baptisé au milieu des pécheurs, prend sur lui toutes nos faiblesses et nos pauvretés. Par le baptême, Jésus vient nous regarder avec amour. Il s’enfouit dans notre condition humaine, pour nous redonner le possibilité d’être pris dans ce grand mouvement de l’amour. C’est la force de Dieu qui vit en nous, en nous Dieu a mis tout son amour.

            Père, le jour où ton Fils est entré dans le Jourdain pour être baptisé, c’est nous tous qu’il plongeait dans les eaux du baptême. Ravive en nous par ton Esprit, la joie et la fierté de notre baptême ; nous serons alors les témoins fidèles du Christ parmi les hommes, et en toute vérité nous t’appellerons Notre Père.