Que s’est-il réellement passé lorsque les mages vinrent rendre visite à l’enfant Jésus et aux parents Marie et Joseph. Nous ne le savons pas exactement . Ce matin retenons tout simplement l’attitude des mages et l’attitude des chefs des prêtres et des scribes d’Israël. Il y a en effet un très grand contraste entre les deux attitudes. Les mages sont en mouvement, l’esprit étant ouvert, en recherche d’une certaine façon, ils étaient des chercheurs de lumière et de vérité. Probablement astrologues, ils scrutaient régulièrement le ciel. Et voici qu’apparaît dans le ciel une nouvelle étoile, une étoile inconnue. Découvrant cette étoile, ils n’ont qu’un souhait, comprendre ce que cela signifiait. Toutes affaires cessantes, ils se mettent en marche, à la suite de cette étoile. Ces hommes n’étaient pas enfermés dans leur savoir. Ils étaient des chercheurs de vérité. De l’autre côté, à Jérusalem se trouve le pouvoir, Hérode le roi, avec les chefs des prêtres et les scribes. Ils détenaient le pouvoir et le savoir. Ils avaient pour mission de garder pure et intacte la loi de Dieu. Quand Hérode les interroge « Où doit naître le Messie ? » Ils savent la réponse « C’est à Bethléem en Judée ». Cela leur suffit. Cet événement ne les dérange pas et ne les fait pas bouger. Ils auraient pu se rendre sur place au moins pour vérifier que leurs dires étaient justes. Ils auraient pu alors découvrir le Messie. Ils ont leurs certitudes, ce sont des spécialistes de la Bible, ils connaissent la réponse, ils sont sûrs d’eux-mêmes, rien ne peut les ébranler, ils n’ont pas besoin de se remettre en question. Les deux attitudes peuvent éclairer toute notre vie chrétienne. L’histoire des mages nous rappelle que nous ne devons pas nous enfermer dans notre propre foi. Personne n’est propriétaire de Dieu. Nous sommes invités à rester tout au long de notre vie des chercheurs de Dieu. Cette bien sûr, nous qui nourrissons notre foi dans la bible et dans la parole de l’Eglise, mais il ne s’agit pas non plus de répéter des formules toutes faites et de respecter avec rigorisme tous les rites liturgiques, sans avoir le cœur ouvert, sans nous laisser atteindre et toucher au plus profond de nous-mêmes par les événements de notre monde. Au cœur de notre foi, c’est Dieu lui-même qui n’est pas resté enfermé sur lui-même. Dieu s’est dérangé pour venir vivre au cœur de notre monde. Dieu est toujours à la recherche de la brebis perdue, aussi bien dans la parabole de l’évangile qu’aujourd’hui. Laissons nous déranger par Dieu, allons à la rencontre de ce Dieu qui en Jésus se dérange et nous dérange. A nous de sortir de nos jugements tous faits et de nos préjugés. Ouvrons notre esprit et notre cœur, nous avons peut-être à emprunter un autre chemin que celui qui nous était habituel pour découvrir le vrai visage de Dieu. Nous ouvrons une année nouvelle, en étant réaliste, nous pouvons dire qu’elle ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Notre monde est tourmenté. Les raisons d’inquiétude et d’angoisse ne manquent pas. Crise financière, on a parlé d’économie virtuelle, comme si la vie des hommes était virtuelle, puis quasiment en même temps est advenue la crise économique, on parle de récession, avec un chômage qui croît de nouveau rapidement. Nous le savons, en temps de crise, ce sont les plus faibles et les plus modestes qui sont atteints les premiers, et le plus durement touchés. Beaucoup s’interrogent, de quoi demain sera-t-il fait ? Beaucoup de certitudes paraissent ébranlées. Apparaissent au grand jour des problèmes de gestion et d’organisation dans les hôpitaux mettant quelquefois en péril la vie des malades. Les problèmes de malnutrition et de santé vont s’aggraver dans les pays du tiers-monde. La guerre sévit à nouveau au moyen-orient, avec des centaines de morts, des milliers de blessés dont beaucoup de femmes et d’enfants. Faut-il se résigner, dire avec fatalisme que nous n’y pouvons rien. Chrétiens, nous sommes appelés à faire de cette année un rendez-vous pour l’espérance, à tisser au plus près de chez nous le vivre ensemble, à continuer à construire plus que jamais des liens de fraternité et de solidarité. A la suite de Noël et de l’Épiphanie où Dieu se dérange et vient à notre rencontre, se faisant homme parmi les hommes, il nous faut c’est impératif, remettre l’humanité, l’homme, le sens de l’homme au cœur de notre monde, remettre au cœur de notre monde les piliers fondateurs de la pensée sociale chrétienne : l’option préférentielle pour les pauvres, le combat pour la justice et la dignité, le devoir de solidarité. A la suite des mages, baptisés, nous sommes invités à nous remettre, à nous laisser déranger au milieu de nos habitudes et de notre tranquillité. Avec les mages tournons-nous vers l’enfant Jésus : Donne nous, toi l’Emmanuel de marcher sur des chemins nouveaux à la rencontre de tous ceux et celles qui ont soif de paix, d’amour de solidarité. Fais Seigneur de cette année 2009 un rendez vous de l’Espérance ! |