Chaque
année, la liturgie du quatrième dimanche de l’Avent nous invite à
contempler la Vierge Marie. La Vierge Marie , toutes les générations
d’hommes et de femmes se sont tournées vers elle sous les appellations et
les vocables les plus divers, comme si on pensait quelquefois qu’elle
détenait les solutions à tous nos problèmes à toutes nos angoisses, à
toutes nos inquiétudes. A certaines époques ne l’a-t-on pas appelé la mère
des causes désespérées, comme si elle réglait tous nos problèmes à coup de
baguette magique. L’Abbé André Séve, décédé il y a quelques années, a publié
un livre de méditation et de prière dont le titre est « Marie je te
regarde ».
Il écrit « Je n’arrive pas à
voir Marie dispensatrice de toutes les grâces, des petits cadeaux que
Marie décrocherait d’un gigantesque arbre de Noël, c’est ridicule, elle
révèle tout simplement le présence de Dieu en nous. Elle n’a pas
grand-chose à distribuer, mais un courant d’amour qui vient de Dieu et qui
nous dit,
veux-tu ! »
Par l’évangile et par la vie
nous sommes appelés à répondre oui. Marie est celle qui a dit le oui
humain le plus puissant et d'une manière si parfaite qu’elle peut être le
parfait modèle de toutes nos vies qui doivent rejoindre le sien, le oui
humano-divin de Jésus sauveur qui dit au Père au moment de son agonie
« que ta volonté soit faite ».
Marie nous invite à dire oui, elle
éclaire nos vies. Si justement le miracle de Marie était son côté
anti-star, anti-réponse à tout. Si à travers les 5 continents, les
croyants se tournent vers elle, si à l’occasion cette année du jubilé des
apparitions de la Vierge à Bernadette, des millions et des millions se
sont rendus en pèlerinage à Lourdes, n’est-ce pas parce que beaucoup
ressentent au plus profond d’eux-mêmes que Marie est d’abord proche de
nous.
De notre vie quotidienne avec son lot
de joies et de souffrances , si tant d’hommes et de femmes se tournent
vers elle , n’est-ce pas parce qu’elle est d’abord femme, mère et
disciple. Elle n’est que femme, elle est notre sœur, fille de notre race
et de notre sang, oui une femme simple, ordinaire, une femme de son temps,
elle n’est que Mère pas seulement au moment de la naissance de Jésus, nous
la retrouvons pleinement mère, lorsqu'avec Joseph, elle fuit en Egypte
pour sauver son bébé qui vient de naître. Nous la retrouvons pleinement
mère quand Jésus est perdu dans le temple, et qu’ après trois jours de
recherche avec Joseph, elle ne peut cacher son émotion « Toi que j’ai mis
au monde, pourquoi nous as-tu fait cela, vois ton père et moi, nous te
cherchions angoissés » Les douleurs de l’enfantement se poursuivent, la
mère vit l’angoisse du malheur possible pour son enfant.
Siméon lui dira lors de la
présentation au temple « un glaive te transpercera le cœur ». Elle doit
accepter alors qu’elle est veuve, de se séparer de son Fils et qu’il suive
son propre chemin « je dois être aux affaires de mon Père ». Quant aux
noces de Cana, Jésus s’adresse à sa mère en lui disant femme, c’est qu’il
ne veut pas privilégier les liens du sang. Mais Marie apparaît alors comme
le représentante de l’humanité qui ne peut recevoir son salut que d’un
autre. Marie n’a aucun privilège, mais bien plutôt les événements la
bousculent, elle ne fait qu’exprimer une foi toute confiante « heureuse
plutôt celle qui écoute la parole de Dieu et qui la met en pratique . Elle
a été tellement fidèle qu’à la fin de sa vie terrestre , elle a tout de
suite part à la vie du Christ ressuscité.
Elle est notre commune
espérance, la mort ne peut plus triompher, puisque Dieu l’a vaincue. Un jour nous aussi , avec lui nous vivrons.
Qu’a-t-elle fait pour mériter
tous ces éloges et sa gloire dès aujourd’hui près de son Fils Jésus le
Seigneur ? A lire l’évangile, elle se contentait d’être là, discrète et
presque silencieuse pour dire oui à tous les appels de Dieu. Marie n’est
pas l’essentiel, elle est au service de l’essentiel. Elle était là de
Nazareth jusqu’au calvaire après l’Elisabeth sa cousine, et parmi tous les
invités aux noces de Cana, femme et mère, humble et servante, aimante
jusqu’à l’extrême, le cœur transpercé.
Fidèle jusqu’au bout « Voici la
servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». C’est sa
vieille cousine Elisabeth qui nous révèle le secret le la vie de la sainte
Vierge Marie, elle est heureuse parce qu’elle a cru, et le Fils de Dieu a
pu prendre chair, et Dieu sauve son peuple. Marie la croyante montre à
tous le chemin, chemin de foi, chemin de croix, chemin de joie « le
Seigneur fit pour moi des merveilles, saint est son nom ». Tous ceux qui
croiront pourront un jour avec Marie contempler et chanter les merveilles
que fit le Seigneur en un magnificat qui ne finira pas :
Première
dans la foi, tu dis oui Marie à l’offre d’amour du Dieu très haut
Première
dans la joie tu connais Marie un bonheur infini, en donnant le sauveur du
monde
Première
près de la croix, tu nous apprends Marie à dépasser nos doutes pour
accueillir la paix
Première
dans la gloire tu nous redis Marie, que tout homme est une histoire sacrée
Première
auprès de ton Fils, tu veux Marie accompagner nos pas et nous guider vers
lui
Première
d’entre nous, reçois notre louange. |