4è DIMANCHE DE L’AVENT
(21 décembre 2008)

 

 

 

         Chaque année, la liturgie du quatrième dimanche de l’Avent nous invite à contempler la Vierge Marie. La Vierge Marie , toutes les générations d’hommes et de femmes se sont tournées vers elle sous les appellations et les vocables les plus divers, comme si on pensait quelquefois qu’elle détenait les solutions à tous nos problèmes à toutes nos angoisses, à toutes nos inquiétudes. A certaines époques ne l’a-t-on pas appelé la mère des causes désespérées, comme si elle réglait tous nos problèmes à coup de baguette magique. L’Abbé André Séve, décédé il y a quelques années, a publié un livre de méditation et de prière dont le titre est « Marie je te regarde ».
         Il écrit « Je n’arrive pas à voir Marie dispensatrice de toutes les grâces, des petits cadeaux que Marie décrocherait d’un gigantesque arbre de Noël, c’est ridicule, elle révèle tout simplement  le présence de Dieu en nous. Elle n’a pas grand-chose à distribuer, mais un courant d’amour qui vient de Dieu et qui nous dit,
veux-tu ! »
         Par l’évangile et par la vie nous sommes appelés à répondre oui. Marie est celle qui a dit le oui humain le plus puissant et d'une manière si parfaite qu’elle peut être le parfait modèle de toutes nos vies qui doivent rejoindre le sien, le oui humano-divin de Jésus sauveur qui dit au Père au moment de son agonie « que ta volonté soit faite ».
        Marie nous invite à dire oui, elle éclaire nos vies. Si justement le miracle de Marie était son côté anti-star, anti-réponse à tout. Si à travers les 5 continents, les croyants se tournent vers elle, si à l’occasion cette année du jubilé des apparitions de la Vierge à Bernadette, des millions et des millions se sont rendus en pèlerinage à Lourdes, n’est-ce pas parce que beaucoup ressentent au plus profond d’eux-mêmes que Marie est d’abord proche de nous.
        De notre vie quotidienne avec son lot de joies et de souffrances , si tant d’hommes et de femmes  se tournent vers elle , n’est-ce pas parce qu’elle est d’abord femme, mère et disciple. Elle n’est que femme, elle est notre sœur, fille de notre race et de notre sang, oui une femme simple, ordinaire, une femme de son temps, elle n’est que Mère pas seulement au moment de la naissance de Jésus, nous la retrouvons pleinement mère, lorsqu'avec Joseph, elle fuit en Egypte pour sauver son bébé qui vient de naître. Nous la retrouvons pleinement mère quand Jésus est perdu dans le temple, et qu’ après trois jours de recherche avec Joseph, elle ne peut cacher son émotion « Toi que j’ai mis au monde, pourquoi nous as-tu fait cela, vois ton père et moi, nous te cherchions angoissés » Les douleurs de l’enfantement se poursuivent, la mère vit l’angoisse du malheur possible pour son enfant.
         Siméon lui dira lors de la présentation au temple « un glaive te transpercera le cœur ». Elle doit accepter alors qu’elle est veuve, de se séparer de son Fils et qu’il suive son propre chemin « je dois être aux affaires de mon Père ». Quant aux noces de Cana, Jésus s’adresse à sa mère en lui disant femme, c’est qu’il ne veut pas privilégier les liens du sang. Mais Marie apparaît alors comme le représentante de l’humanité qui ne peut recevoir son salut que d’un autre. Marie n’a aucun privilège, mais bien plutôt les événements la bousculent, elle ne fait qu’exprimer une foi toute confiante « heureuse plutôt celle qui écoute la parole de Dieu et qui la met en pratique . Elle a été tellement fidèle qu’à la fin de sa vie terrestre , elle a tout de suite part à la vie du Christ ressuscité.
          Elle est notre commune espérance, la mort ne peut plus triompher, puisque Dieu l’a vaincue.  Un jour nous aussi , avec lui nous vivrons.
         Qu’a-t-elle fait pour mériter tous ces éloges et sa gloire dès aujourd’hui près de son Fils Jésus le
Seigneur ? A lire l’évangile, elle se contentait d’être là, discrète et presque silencieuse pour dire oui à tous les appels de Dieu. Marie n’est pas l’essentiel, elle est au service de l’essentiel. Elle était là de Nazareth jusqu’au calvaire après l’Elisabeth sa cousine, et parmi tous les invités aux noces de Cana, femme et mère, humble et servante, aimante jusqu’à l’extrême, le cœur transpercé.
         Fidèle jusqu’au bout « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ». C’est sa vieille cousine Elisabeth qui nous révèle le secret le la vie de la sainte Vierge Marie, elle est heureuse parce qu’elle a cru, et le Fils de Dieu a pu prendre chair, et Dieu sauve son peuple. Marie la croyante montre à tous le chemin, chemin de foi, chemin de croix, chemin de joie « le Seigneur fit pour moi des merveilles, saint est son nom ». Tous ceux qui croiront pourront un jour avec Marie contempler et chanter les merveilles que fit le Seigneur en un magnificat qui ne finira pas :

Première dans la foi, tu dis oui Marie à l’offre d’amour du Dieu très haut

Première dans la joie tu connais Marie un bonheur infini, en donnant le sauveur du monde

Première près de la croix, tu nous apprends Marie à dépasser nos doutes pour accueillir la paix

Première dans la gloire tu nous redis Marie, que tout homme est une histoire sacrée

Première auprès de ton Fils, tu veux Marie accompagner nos pas et nous guider vers lui

Première d’entre nous, reçois notre louange.