« J’ai prié pour obtenir le guérison d’un être cher, je n’ai pas été exaucé, alors comment encore croire en Dieu », « s’il y avait un bon Dieu, cela n’existerait pas ». On évoque alors la faim dans le monde, avec la mort d’enfants, les guerres qui continuent de sévir à travers le monde faisant des millions de victimes innocentes. C’est vrai que pour beaucoup Dieu apparaît alors comme le grand silencieux, le grand absent , qui ne s’intéresse pas à la vie des hommes à l’image des dieux païens. Et pour certains ce silence, cette absence sont la preuve de la non-existence de Dieu. On voudrait voir ainsi Dieu intervenir constamment dans la vie du monde, dans la vie des hommes. Il pourrait alors apparaître comme le grand magicien qui du ciel gouvernerait le monde selon son bon vouloir. La parabole des talents que nous venons de lire nous parle aussi d’une absence « un homme partait en voyage. Il partit » Cette absence c’est aussi celle du Christ qui dans l’Evangile de Jean dit à ses disciples « Il est bon pour vous que je m’en aille ». Et aussitôt après il leur promet la venue de L’Esprit Saint, cette absence de Dieu revient très souvent dans toute l’histoire du peuple juif. Combien de fois dans l’ancien testament, le peuple s’interroge devant le silence de Dieu lorsque la famine, la maladie les atteint. Dieu a libéré son peuple de l’Egypte et voici que maintenant il le laisse mourir de faim dans le désert. Alors à quoi bon ? Ou encore lorsque le peuple juif est attaqué battu par les tribus qui l’entourent. Souvent les prophètes devront rappeler que Dieu ne les abandonne pas. Déjà dès le premier livre de la bible, la genèse Dieu se retire le 6è jour de la création, en confiant justement la création à l’homme et à la femmes après les avoir béni. Les plus grands saints, les plus grands mystiques de l’histoire de l’Eglise ont vécu cette bouleversante absence de Dieu dans leur vie, au point de douer de leur propre foi et de l’existence même de Dieu. Sainte Thérèse de l’enfant Jésus, Mère Thérèsa , Sœur Emmanuelle, ont connu cette souffrance de l’absence de Dieu dans leur vie. Le dieu des chrétiens n’est pas un Dieu bouche trou, qui pallierait à tous nos manques. Il prend le risque de nous laisser libre. La parabole des talents se trouve à la fin de l’évangile de Matthieu, la mission du Seigneur se termine. Il veut préparer ses disciples à son prochain départ, il est comme cet homme qui part en voyage. Jésus retourne vers son Père. Cette Parabole nous rappelle aussi l’attitude de Dieu envers nous. Dieu fait confiance en l’homme . Dieu a choisis de nous faire confiance. Il accepte que nous prenions des risques, il nous laisse libre nous le disons tout à l’heure dès le début de la création Dieu part en voyage, il laisse la place à l’homme, le chargeant de remplir la terre et de la soumettre. Et Jésus a fait la même chose, il est venu restaurer notre monde en y semant l’amour, puis il part en laissant son œuvre à douze pauvres humains, sans grands diplômes. C’est vraiment de la folie de la part de Dieu quand on songe à la faiblesse et à la fragilité des hommes. Rappelons nous de l’attitude de Pierre celui que Jésus a choisi pour être le premier responsable de L’Eglise. Pierre garde toutes ses limites humaines, même après avoir reçu l’Esprit Saint à la Pentecôte. C’est pourtant lui que Jésus choisit pour être le premier serviteur de l’unité de ses disciples, l’annonce de la bonne nouvelle va s’accomplir à travers des hommes et des femmes pêcheurs . C’est là une confiance inouïe de la part de Jésus. L’absence de Dieu nous révèle qu’il nous fait pleinement confiance. Notre premier devoir c’est de nous laisser envahir par cette confiance. Le seigneur confie ses biens à chacun selon ses capacités. Le Seigneur a donné à l’homme, créé à sa ressemblance des capacités prodigieuses. A son retour le maitre demanda des comptes. Ce n’est pas un patron qui exige des comptes pointilleux. C’est l’ami qui désire savoir comment on a répondu à sa confiance. C’est le Père qui se réjouit du travail fait par lui pour son enfant. L’absence de Dieu n’est pas négative, elle est tout à fait positive. En nous confiant le monde, en nous rendant responsables de l’humanité, Dieu Notre Père a un profond désir pour chacun et chacune d’entre nous, nous faire partager sa joie, nous faire partager sa vie éternelle. Que le Seigneur nous aide à répondre avec amour à la confiance qu’il nous fait. Tous et toutes nous avons à prendre notre part si petite, si humble soit-elle à la construction du royaume de Dieu. Alors mes amis n’ayons pas une attitude de peur comme le 3è serviteur qui par crainte de son maitre a enfoui en terre le talent qu’il lui avait confié, mais tout au contraire, répondons à la confiance que Dieu nous fait, alors il pourra dire à chacun et chacune d’entre nous « Serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle en peu de choses, je t’en confierais beaucoup, entre dans la joie de ton maitre » |