27è dimanche ordinaire A
(St-Martin centre, dimanche 5 octobre 2008)

 


 

            « Jésus s’adresse aux chefs des prêtres et aux pharisiens. Il leur dit : Ecoutez cette parabole. C’est donc bien à eux qu’il s’adresse. Et c’est encore à eux qu’il s’adresse à la fin de la parabole : la Pierre qu’ont rejeté les bâtisseurs est devenue pierre d’angle. Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à un peuple qui lui fera produire du fruit. Et Jésus ajoute, c’est l’œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux. Et pour être sûrs que nous ne nous trompions pas, Matthieu ajoute après la parabole : les grands prêtres et les pharisiens comprirent bien qu’il les visait. La terrible tentation pour les chefs d’Israël était celle de se croire propriétaires de la parole de Dieu. Il se sont emparés de la loi  pour  imposer leurs propres commentaires et ainsi maintenir le petit peuple sous leur pouvoir, Jésus les dénoncera : Ils lient  de pesants fardeaux et les imposent sur les épaules des gens, mais eux-mêmes se refusent à les remuer du bout des doigts. Ils n’ont rein compris à ce que les prophètes avaient proclamé dans l’ancien testament, et quelle image de Dieu ils avaient révélé, non pas le Dieu qui imposait des lois aux hommes, des lois impossibles à appliquer , mais un Dieu de l’alliance, bien que le peuple juif se soit détourné si souvent de lui.

              Alors Jésus raconte une histoire, une parabole. Jésus était observateur de la vie de ses contemporains. Il prend des exemples dans la vie de tous les jours. Jésus avait su regarder un vigneron, au travail, tout le soin qu’il prenait pour préparer le terre, pour veiller à sa vigne, la tailler. Jésus reprend les mots mêmes du prophète Isaïe, pour  révéler l’amour de Dieu pour son peuple, pour chacun et chacune d’entre nous. Nous sommes tous et toutes la vigne du Seigneur. Comme il soigne sa vigne, notre Père nous aime avec tendresse et persévérance. Il fait tout pour que nous donnions du fruit et du fruit en abondance, les fruits de l’amour. Le prophète Isaïe mettra sur les lèvres de Yawhé cette parole : Pouvais-je faire plus pour ma vigne que je n’ai fait.

              Chose étonnante, le vigneron confie sa vigne, il la donne en fermage à ses vignerons, il les rend responsables de sa vigne, nous sommes membres du peuple de Dieu.

              Nous n’avons pas à faire à un vignerons manipulateur, nous serions alors une sorte de jouet entre ses mains, une sorte d’esclaves qui n’auraient qu’à appliquer les directives données. C’est un peu l’image de Dieu que reflétait . Le vigneron attend notre libre participation à son œuvre. Et c’est encore plus fou, il s’en remet en nous pour cultiver sa vigne. Il nous a donné sa vigne, c'est-à-dire notre monde, à nous de le transformer en royaume de Dieu.

              Le maître de la vigne partit en voyage, partir en voyage, s’absenter longuement, c’est finalement faire confiance à ceux qui restent, car c’est bien à eux qu’il confie sa vigne, et en même temps le Seigneur respecte leur liberté, même si parfois la confiance qu’il a donné aux hommes est cassée. Mais son absence est une forme d’amour et de confiance, le Père n’est pas un PDG dictant ses décisions, comme un metteur en scène tirant les ficelles, comme un monteur de marionnettes qui tire sur les ficelles pour animer ses personnages. Le vigneron, le Père veut voir ses enfants grandir, devenir des adultes responsables, collaborer librement à son œuvre, à développer et à faire en sorte que la vigne porte du fruit. Certains penseront que c’est mission impossible, que cela dépasse nos forces . Alors le vigneron, le Père envoie son Fils Jésus qui dira lui-même : je suis la vigne, vous êtes les sarments, celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruits.

             Aujourd’hui la vigne du Seigneur s’étend au monde entier, sur tous les terrains ; aujourd’hui encore, Dieu travaille à sa vigne , il est à l’œuvre, mais il a voulu avoir besoin des hommes , il a voulu avoir besoin de nous, pour que sa vigne porte du fruit, ouvrons nos yeux, nos oreilles et nos cœurs, nous verrons que la vigne du Seigneur porte beaucoup de fruits.