25è dimanche ordinaire A

 


 

           Certains verront peut-être un clin d’œil da la Providence en écoutant le passage d’Evangile que l’Eglise propose à notre méditation alors que je célèbre avec vous une première eucharistie.

Revenons à l’Evangile. Constatons d’abord  qu’il doit vraiment  y voir beaucoup de travail pour que le maître vienne plusieurs fois dans la journée pour embaucher des ouvriers. Il le fait encore  une heure avant la fin de la journée de travail. Le travail doit être urgent, et il faut le faire sans tarder.

Le maître du domaine ne fait pas de tri parmi ceux qu’il embauche, il ne choisit pas, il prend ceux qu’il trouve, il fait confiance, il ose appeler !

Un autre constat que nous pouvons faire, le maître du domaine paraît injuste « ces derniers n’ont fait qu’une heure, et tu les traites comme nous, nous qui avons enduré le poids du jour et la chaleur ». La bonté de Dieu désarçonne, peu importe l’heure où les ouvriers ont commencé, tous sont accueillis et aimés de la même façon , ils reçoivent le même salaire. Ce passage de l’Evangile peut nous faire penser  à cette autre parole de Jésus « La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux, priez donc le maître de la moisson, qu’il envoie des ouvriers à sa moisson ».

Lorsqu’il est arrivé à Paris comme Archevêque, le cardinal Marty de sa voix puissante et rocailleuse de paysan du Rouergue a lance ce cri « J’embauche ».

Nous le savons bien, le maitre du domaine c’est le Seigneur, le domaine c’est qui ? c’est toute la population de la Paroisse Ste-Claire en Héninois, habitant les communes d’Hénin-Beaumont, de Montigny et de Drocourt. Les ouvriers c’est chacun et chacune d’entre nous, membres du peule de Dieu. Je veux vous redire mon émerveillement, an arrivant dans la paroisse ! J’ai constaté qu’il y a déjà beaucoup d’ouvriers et d’ouvrières qui travaillent très activement dans le domaine du Seigneur, c’est pour moi une grande joie . D’ailleurs  je ne saurai être prêtre sans travailler avec des laïcs. Au nom de notre évêque, je tiens à vous dire toute ma gratitude et à vous remercier chaleureusement. Je sais aussi que chacune et chacun accomplit  la mission qui lui a été confié avec beaucoup de sérieux.

Nous sommes appelés à une mission qui est double : accueillir tous ceux et celles qui viennent dans nos permanences d’accueil pour demander un service à l’Eglise,

mais en même temps, il faut que nous ayons ce souci missionnaire, c'est-à-dire aller vers,  je pense à tous ces jeunes couples qui habitent les nouveaux quartiers de nos communes. Eux aussi sont aimés de Dieu, et nous avons à leur manifester que le Dieu auquel nous croyons est le Dieu de tendresse, de miséricorde et d’amour.

C’est ce que j’ai essayé de dire  dans l’interview cette semaine dan la presse.

Peut être avons-nous quelques réticences ! Leur façon de vivre peut nous étonner parfois même nous déconcerter ou nous déranger. Laissons retentir alors la parole du maître du domaine en notre cœur « Vas-tu regarder avec un œil mauvais, parce que je suis bon ? » Dieu est juste quand il aime. Et comme la maitre du domaine, osons appeler sans cesse, nous ne serons jamais de trop, à travailler au domaine, à la vigne du Seigneur.

Oser appeler, bien sûr, il faut faire œuvre de discernement, mais tout en même temps faisons confiance, ne disons pas trop vite, qu’ils ne sauront pas faire, qu’ils

n’auront pas les qualités requises. Et c’est tous ensemble, pas chacun, chacune de notre côté, que nous pourrons rendre cette vigne porteuse de bons fruits, une vigne dynamique, accueillante, et porteuse d’espérance, dans un monde où nos contemporains ont beaucoup d’attentes et recherchent un sens à leur vie.

Dans le dernier "Eglise d’Arras", j’ai trouvé ce beau texte , il me semble que c’est le maître du domaine qui s’adresse à chacun et chacune d’entre nous :

"Regarde la vie en face, mets-toi en route, avec ceux et celles qui viennent de loin, à la recherche d’une étoile, pour donner sens à leur vie.

La vie est plus forte que le mal, rien n’est jamais définitivement fichu, rien n’est définitivement raté. Il y a une issue, et de la lumière et de l’amour, quelque part au-delà de toute nuit, au-delà de toute grisaille, nous ne sommes pas emprisonnés, une aurore est à chaque instant disponibl.,

Tu ne trouveras pas la source du vrai bonheur dans ta consommation solitaire, soit à l’écoute des appels chaleureux, déconcertants  et inépuisables de la vie,

laisse éclater les immenses espaces intérieurs qui demeurent en toi, tu es capable de regarder le neuf, de t’en émerveiller et de la construire.

Accroche-toi à cette rage de vivre, d’aimer et d’espérer, qui ne te laisse jamais en repos, endormi, démoralisé, aplati recroquevillé.

Avance à découvert, avance au large, debout, lucide, en éveil aux aguets, le regard clair, les mains ouvertes.

Rebelle, dissident, insoumis, libre, rejette, dénonce, combat tout ce qui ne respecte pas la vie.

N’aie pas peur !

L’avenir n’est pas abandonné à la fatalité. Crois à ce que l’on fait ensemble. Pour rendre la vie plus humaine, la terre plus habitable".