Au moment de la naissance de Jésus, le monde connu d’alors qui allait de la Gaulle en passant par l’Asie Mineure allant jusqu’à la Palestine, ne formait qu’un seul empire, l’empire romain. On parlait de paix romana, de paix romaine, mais c’était une drôle de paix. Un proverbe romain disait : « Si tu veux la paix , prépare la guerre ! » Il s’agissait donc d’une paix armée. A la tête de chaque région, il y avait un gouverneur romain, qui réprimait dans le sang, grâce à l’armée d’occupation, toute velléité des peuples à se libérer. En Israël, il y avait eu un peu avant la naissance de Jésus, de sanglantes répressions... Il faillait aussi que Rome, la capitale vive. Aussi les pays occupés payaient de très lourds impôts à l’empereur. A cette époque la vie n’était pas facile pour tous ces peuples opprimés. Certains diront rien de nouveau sous le soleil, ou encore l’histoire est un perpétuel recommencement. Tous les peuples d’alors aspiraient à la venue d’un libérateur qui chasserait l’occupant romain. Telle était aussi l’attente du peuple juif qui souhaitait ardemment la venue d’un Messie libérateur. C’est comme si dans les ténèbres les plus épaisses de l’humanité, Dieu a envoyé son Fils. C’est un véritable chamboulement dans l’histoire de l’humanité. Ce n‘est pas un Dieu guerrier vengeur, libérateur au sens où l’entendaient les hommes. Dieu vient dans la fragilité d’un bébé, un enfant fragile qui naît dans une famille modeste, dans des conditions précaires. Ce Dieu d’humilité n’a qu’une seule puissance, c’est qu’il est l’amour infini, comme nous aimons le chanter. C’est un enfant posé à même le sol, dans une mangeoire où venaient se nourrir les animaux. Cet enfant vient nous révéler le vrai visage de Dieu. Il se fait frère et sœur de tout être humain. Les gens les plus petits ont du prix. Ainsi nous sommes tous frères et sœurs de Jésus, enfants de Dieu... C’est cela que vient nous dire l’enfant de Noël, tous les êtres humains, tous également dignes, tous sauvés, ils sont à l’image de Dieu... C’est ce Dieu qui volontairement cesse d’être le Très-haut, le lointain pour devenir pour chaque homme et chaque femme notre frère, le tout proche. Voici qu’un Dieu sur la paille vient nous tendre la main au cœur même de notre existence quotidienne. Vivre et célébrer Noël c’est croire que qui que nous soyons, malgré toutes nos misères, nos difficultés, nos fragilités que nous sommes aimés infiniment Une jeune femme. Edith Stein, d’origine juive, elle s’était convertie au catholicisme, devenue ensuite religieuse au Carmel, est morte en déportation au camp d’Auschwitz. Elle a beaucoup médité le mystère de Noël. Elle a écrit : « Aujourd’hui comme jadis, l’étoile de Bethléem luit dans la sombre nuit. L’enfant de la crèche tend ses petites mains, et son sourire semble vouloir nous dire, ce qu’il dira plus tard en annonçant la bonne nouvelle de son Père. Venez à moi, vous tous qui peinez et êtes accablés sous la charge ».
Car l’enfant Jésus n’est pas venu pour juger le monde, mais pour que le monde
soit sauvé. C’est tout au long de l’évangile que Jésus a lutté pour que règne
l’amour et la fraternité : « C’est à ce signe que vous reconnaîtra pour mes
amis, si vous vous aimez les uns les autres ». On le verra lutter constamment
contre la maladie, contre toutes les forces du mal, contre tout ce qui empêche
les hommes d’être frères. Il a été jusqu’au bout en donnant sa vie par amour,
pour que les hommes soient enfants de Dieu et deviennent des frères Seigneur notre Dieu en ce jour de Noël, notre joie est grande. Tu viens habiter chez les hommes, en Jésus ton fils fait chair. Tu as choisi pour te manifester à nous, le silence d’un enfant qui dort, un chemin d’humilité et de pauvreté. Apprends-nous à découvrir que le vrai bonheur à Noël est dans ce que nous aurons donné et partagé en vivant en frères, toi qui est l’Emmanuel, Dieu avec nous, lumière pour notre monde. Amen.
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