Lorsque nous préparons un événement familial important, la préparation est au moins aussi importante qui l’événement lui-même qui sera réussi si nous prenons le temps de la préparation. Et il nous faut quelquefois changer nos habitudes et nos façons de faire. En même temps, ce moment de préparation peut être aussi un moment heureux, de joie et de bonheur, parfois aussi joyeux que l’événement lui-même. L’année liturgique s’ouvre aujourd’hui avec un temps de préparation, un temps de l’attente, le temps de l’Avent. L’église nous propose quatre dimanches pour préparer l’événement qui a bouleversé l’histoire de l’humanité. Dieu s’est fait chair, au cœur de la vie des hommes. Il a planté sa tente parmi nous. Il est l’Emmanuel, Dieu avec nous, il nous faut donc préparer ce moment unique dans l’histoire du monde. Il ne s’agit pas d’une attente passive, c’est le moment de sortir de notre sommeil ou de notre train-train quotidien. Il s’agit d’une attente active durant ce temps de l’Avent, accueillons chaque dimanche en nos cœurs la parole de Dieu qui nous invite à préparer le chemin du Seigneur, pour fêter sur notre terre la venue de Dieu en notre chair. Durant ce temps de l’Avent, laissons retenir en nos cœurs l’appel de Jean-Baptiste qui nous invite à ouvrir notre cœur à tous nos frères et sœurs qui vient parfois dans des conditions difficiles. Le Christ nous dit aujourd’hui la parole de son Père, tirée de l’Évangile de Matthieu : « Veillez donc, car vous ne connaissez pas le jour où le Seigneur viendra. Tenez-vous donc prêts vous aussi, c’est à l’heure où vous n’y pensez pas que le Fils de l’homme viendra. Car le Seigneur nous donne d’entendre aujourd’hui son appel. Qu’il nous donne de veiller jour après jour pour l’accueillir quand il vient à travers les événements de la vie quotidienne, à travers nos rencontres avec le prochain. La Christ est à la fois présent, il nous l’a promis : « je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps », mais absent aussi puisqu’il a disparu aux yeux de ses apôtres, le jour de l’Ascension, tout en promettant son retour. Le Christ est présent dans l’Eucharistie, mais c’est une présence voilée dans le signe du pain et du vin, comme était voilée sa présence aux disciples d’Emmaüs avant que leurs yeux ne s’ouvrent. Présent encore dans les petits et les grands événements de la vie quotidienne, présent dans la vie de notre Église. Mais pour reconnaître sa présence, pour interpréter les signes des temps, il faut une foi en éveil, comme le disait l’apôtre Paul aux premiers chrétiens de la vile de Corinthe : « Nous cheminons dans la foi, non dans la claire vision ». Aujourd’hui l’absence visible du Christ peut nous sembler comme une nuit. Nous ne pouvons ni l’entendre, ni le voir, ni le toucher. Jésus avait d’ailleurs prévenu ses disciples : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ». Mais tout en même temps, la lassitude peut nous gagner. A quoi bon veiller, la nuit nous apparaît longue et interminable, l’épreuve dont nous ne voyons pas l’issue, les désillusions qui s’accumulent, les espoirs déçus, où encore les soucis du monde qui nous assaillent. Tout cela peut nous faire douter de la venue du Seigneur Jésus ! Nous avons lu un passage de la lettre de Paul aux chrétiens de la ville de Rome, ces derniers vivaient de dures persécutions. Eux aussi doutaient de la venue du Seigneur. L’apôtre les réconforte comme il nous réconforte : « La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche ». Il nous invite alors à rejeter toutes les activités des ténèbres et à nous revêtir pour le combat vers la lumière. C’est pour nous aujourd’hui le combat contre la lassitude, la complicité avec toutes les forces du mal, combat contre les habitudes de toutes sortes. Comment aujourd’hui tenir notre foi en éveil, laissons-nous imprégner de l’Esprit de l’amour de Dieu, découvrant ainsi sa présence dans les signes de la vie de tous les jours, une rencontre avec un ami, un moment de recueillement où nous goûtons un peu de paix, un moment de joie et de bonheur grâce à un geste fraternel, ou le regard appelant d’un pauvre que nous croisons. C’est vrai combien de fois nous laissons passer les signes de la présence du Seigneur, parce que nous sommes comme assoupis. Ecoutons l’appel du prophète Isaïe, car l’amour de Dieu est présent dans notre monde, lorsque les épées sont converties en soc de charrue, les lances en faucille, témoignant du changement profond opéré dans le cœur de l’homme. Seigneur, nous te rendons grâce pour ta parole qui nous réveille et nous met en route. Donne-nous ton Esprit pour que nous soyons des veilleurs, pour bâtir avec toi un royaume de paix et de justice. Fais-nous marcher à ta lumière, toi le Dieu qui est depuis toujours et pour les siècles des siècles. |