Dimanche prochain, nous achèverons comme tous les ans, l’année liturgique. Les textes que nous propose l’Église, le dimanche qui précède la fin de l’année liturgique, nous invitent à être clairvoyants sur le monde dans lequel nous vivons. C’est aussi un appel à l’espérance et à la persévérance. Le passage de l’Évangile que nous venons d’entendre est tiré de l’Évangile de Luc qui a été écrit dans les années 80-90 après Jésus-Christ. Et nous savons que le temple de Jérusalem a été détruit en 70 après Jésus-Christ. Ce qui veut dire qu’au moment où Luc écrit son évangile, le temple été détruit depuis au moins dix ans. Un premier temple de Jérusalem avait été détruit plusieurs siècles auparavant, et il avait fallu 46 ans pour en reconstruire un nouveau. Aussi nous pouvons comprendre tout à la fois que les juifs comme le dit l’Évangile étaient fiers de la beauté du temple, d’autant qu’il avait été édifié en partie avec les dons des fidèles. Jésus lui-même n’avait-il pas voulu préserver le temple en y chassant les vendeurs qui s’y trouvaient ! Il voulait que le temple conserve son objectif, un lieu de pureté et de prière, par ailleurs nous savons que Jésus aimait la nature et la réalisation de belles choses, il avait admiré la beauté des fleurs des champs, aussi il n’était pas sûrement insensible à la beauté du temple de Jérusalem et nous pouvons donc comprendre aisément les réactions scandalisées des juifs quand Jésus leur annonça le temple que vous contemplez, il n’en restera pas pierre sur pierre. Il dira dans un autre évangile : « Détruisez ce temple et je le reconstruirai en trois jours !» Subitement Jésus deviendrait-il un prophète de malheur. Il lui arrivait certes de prédire des moments difficiles et douloureux, mais ce n’était sûrement pas pour faire vivre ses auditeurs dans la peur, mais le Seigneur voulait les mettre en garde contre les dangers qui les guettaient et les inviter à la confiance. Lorsque nous relisons ce passage évangélique, le danger serait de ne retenir que ce qui nous étonne et ce qui nous choque et pourrait nous faire peur et craindre l’avenir. Les paroles de Jésus pourraient en effet nous inquiéter : -Ne nous laissez pas égarer par les faux prophètes. -Ne vous effrayez pas devant les guerres et les catastrophes naturelles. -Ne vous souciez pas de votre défense devant les persécutions. -Je vous inspirerai un langage et une sagesse qui réfuteront vos adversaires. -Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. Pour Jésus ses paroles sont un appel à l’espérance. Il dira :« Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps ». Dans l’histoire de l’humanité, les prophètes de malheur ont toujours existé, ils ont toujours profité du chaos de l’histoire pour annoncer des cataclysmes, en suscitant la panique faisant grandir la peur et l’angoisse. Il ne s’agit pas de se voiler la face et de se cacher la réalité. Comme tous les ans le médiateur de la république, qui est aussi le maire de Bapaume vient de faire paraître son rapport, dont le thème central est de rappeler que beaucoup de nos concitoyens sont aujourd’hui conduits à la désespérance. On entend souvent cette phrase : « on ne sait jamais… » Bien souvent derrière cette phrase se cachent de la crainte et de l’angoisse. J’ai eu l’occasion dernièrement de rencontrer le médiateur de la république et de discuter avec lui, il me redisait que les problèmes s’accumulant, il constatait que beaucoup étaient donc conduits à la désespérance, et que son rapport voulait réveiller les consciences, redonner de l’espérance même dans les moments difficiles ! Nous sommes à nouveau invités à réfléchir sur le sens de tout être humain, et la destinée de l’humanité. Il s’agit de faire surgir à nouveau l’espérance et que se développe le vivre ensemble. Jésus nous le rappelle dans l’Évangile de ce jour : « Ce sera pour vous l’occasion de rendre témoignage ». C’est donc là notre mission de baptisé de semer au cœur de notre monde l’espérance chrétienne, en construisant ensemble le royaume voulu par Dieu. Cela, certes n’exclut pas les difficultés et les épreuves, mais si nous persévérons envers et contre tout, jamais la force et l’amour de Dieu ne nous feront défaut. Nous pouvons compter sur Dieu. Jésus disait à son auditoire : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu ». C’est par notre persévérance que nous obtiendrons la vie. L’Esprit nous est donné. C’est lui qui agit en nous, malgré toutes nos faiblesses. C’est à travers l’action des croyants que se lève le jour de Dieu. La fidélité au Christ nous obtient la vie. La force du ressuscité qui a déjà vaincu la mort est en nous : « Seigneur Dieu, il n’est pas toujours facile de découvrir ta présence dans la violence du monde. Toi qui fais toutes choses nouvelles, apprends nous à découvrir ton royaume de justice et de paix. Fais Seigneur que nous en soyons les acteurs. Que ta lumière éclaire notre nuit. Fais grandir en nous ton germe de vie. » Amen. |