Dimanche 7 novembre 2010

Commémoraison des défunts 

 

 

 

          En ce premier dimanche du mois de novembre, membres des familles et communautés chrétiennes, pour honorer, prier pour tous les êtres chers qui nous ont quitté depuis la Toussaint 2009 et les défunts de nos familles. Perdre un être cher est toujours pour nous, qui que nous soyons un moment douloureux et il nous est parfois difficile de faire le deuil de ceux et celles qui nous ont quitté, c’est des blessures qui même avec le temps ont bien du mal à se cicatriser. Dans notre tête et dans notre cœur, beaucoup de questions s’entrechoquent, nous avons parfois le sentiment d’une grande injustice ou nous restons choqués par le souffrances subies par ceux et elles qui nous ont quitté, et la mort reste pour chacun et chacune d’entre nous comme un gigantesque point d’interrogation. Un sondage tout récent, réalisé dans les tous premiers jours de novembre 2010, nous a révélé que parmi les catholiques se disant nom pratiquants 50% estiment qu’après la mort, il n’y a plus rien et qu’il ne croient pas en la résurrection, la mort étant la fin de tout !

          Ces interrogations sur la résurrection ne sont pas nouvelles. A l’origine de l’Église, dans les toutes premières communautés chrétiennes, certains doutaient de la mort de Jésus sur la croix. Pour eux, il n’était pas possible que celui qui avait tant fait de bien, et qui était vu comme le messie, l’élu, l’envoyé de Dieu, soit mort sur la croix, la mort la plus infamante qui soit, la mort réservée aux esclaves. L’Apôtre Paul, en écrivant à ses premiers chrétiens, avait du réaffirmer le cœur même de la foi chrétienne : « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine » et il avait proclamé sa foi : « Souviens-toi de Jésus-Christ ressuscité  d‘entre les morts, il est notre salut, notre gloire éternelle ».

          Nous vivons dans un monde où les aspects techniques et scientifiques ont pris le dessus, et pour croire, il nous faut toujours des preuves palpables, concrètes et matérielles. Nous sommes peut-être comme Saint Thomas qui, avant de croire à la Résurrection de Jésus, voulaient vérifier que c’était bien lui, en mettant ses doigts dans la trace de ses plaies. Jésus lui dira : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ».

          Dans la foi nous affirmons que Jésus est vivant, que son Père l’a ressuscité, parce que le Christ a été fidèle jusqu’au bout de l’amour, li dira : « il n’y a pas de plus grande preuve d’amour que de donner sa vie pour ses amis, je suis venu pour servir et non pour être servi ».

          Il a passé toute sa vie à faire le bien, guérissant les malades, en redonnant espérance et confiance à ceux qui vivaient dans la peine et les épreuves, en prenant la défense des petits, des exclus, des rejetés, de la société d’alors. Ce choix de l’amour jusqu’au bout, il en a fait  par fidélité à son Père le cœur de sa vie : « ma vie nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne ».

          Il n’y a qu’une condition pour que nous soyons associés à la vie, à la Résurrection de Jésus, c’est tout simplement d’aimer comme le Christ a aimé. C’est là tout le sens de l’Évangile que nous venons de lire, ce qui a du prix aux yeux de Dieu, c’est la qualité de l’amour que nous aurons vécu dans nos existences humaines... Solidaires de ceux qui auront eu faim et soif, accueillant l’étranger comme un frère, étant proche de ceux qui souffrent, en particulier les grands malades, proches encore de ceux et de celles qui sont privés de liberté.

          Nos chers défunts, au-delà de leurs faiblesses et de leurs défauts, ont essayé d’aimer non pas par des paroles, mais comme dit Jésus, en actes et en vérité, non pas des grandes choses, mais dans les choses les plus simples et les plus banales de la vie quotidienne.

          Ce jeudi je célébrais la messe au 5 saisons. Et cinq jeunes adultes ont amenés les personnes âgées, en particulier celles qui étaient en fauteuil roulant. A la fin de la messe, je suis allé les rencontrer. Ils m’ont expliqué qu’ils avaient arrêté leurs études pendant un an, en voulant se rendre utile. Ainsi le lundi, ils participent aux activités de l’association "Saint Vincent de Paul", le Jeudi ils sont aux 5 saisons, le reste de la semaine, ils participent à des actions de protection de la nature. Je les ai bien sûr encouragés et félicités. Je leur ai demandé combien ils recevaient par mois. Ils m’ont dit 450 €. par mois, ajoutant qu’ils ne faisaient pas cela pour de l’argent mais qu’ils voulaient rendre service. Ces gestes simples et concrets pour moi rejoignent l’Évangile que nous venons de lire. A eux comme à tous ceux et celles qui auront aimés, le Christ dira : « Venez les bénis de mon Père. Recevez en partage le royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. En vérité je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait, et le juste s’en iront à la vie éternelle ».

C’est dans la mesure où nous aurons aimé, que nous aurons part à la vie éternelle, et que nous rejoindrons dans la maison du Père tous ceux et celles que nous avons aimés et qui nous y ont précédés.

Amen.