Quand Jésus vit toute la foule qui le suivait… Jésus était toujours accompagné dans ses déplacements d’une grande foule. Que cherchait cette foule ? Elle cherchait un peu de bonheur. Jésus durant sa vie publique, a guéri, ressuscité, encouragé, redonné de l’espérance à tous ceux et celles qu’il rencontrait. Jésus regardait cette foule. Les actions du Seigneur sont nées de ce regard qu’il portait à ceux et celles qui venaient à lui. Il les regardait avec les yeux de Dieu son Père. Les béatitudes que nous venons de lire dans l’Évangile de Matthieu sont le premier discours que Jésus prononce. Un mot revient neuf fois dans ce passage c’est le mot heureux, comme une litanie du bonheur, soyez heureux, réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse. Chaque page de l’évangile nous montre à quel point Jésus était touché, bouleversé, pris aux entrailles par ce que vivaient les gens qu’il rencontrait. Dans tous ses déplacements, en Palestine, en annonçant la bonne nouvelle, il partageait la pauvreté de ceux qui l’accueillaient , il se penchait plein de douceur et de compassion sur le lit d’une malade, à qui il redonne la santé, il la prend par la main pour l’aider à se relever. Il partage le chagrin de cette veuve qui conduit en terre son fils unique, Il partage encore le chagrin, lui-même étant en pleurs, de Marthe et Marie qui viennent de perdre leur frère Lazare, un ami très proche de Jésus. Encore par une simple parole, il se bat pour éviter la lapidation d’une femme qui venait d’être prise en flagrant délit d’adultère. Partout il manifeste une extraordinaire miséricorde aux pécheurs comme à Zachée. C’est l’Évangile que nous avons lu ce matin, ou encore à cette pécheresse qui venait lui mouiller les pieds de ses larmes. Et combien de fois n’a-t-il pas apporté la paix dans des conflits : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ». Comme ces conflits qui surgissaient dans la communauté des apôtres. Ils se disputaient pour savoir qui était le plus grand parmi eux et qui aurait la première place. Parfois on a insulté Jésus, persécuté, et pourtant là encore Jésus était heureux d’allumer une étincelle du bonheur divin. Il dira au bon larron : « ce soir tu sera avec moi dans la paradis ». En s’adressant à son Père, au moment où il va être crucifié : « Père, pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». Chaque béatitude qu’il prononce, est comme une lumière qui vient éclairer la vie de ceux et celles qu’il rencontre, voulant ainsi laisser entrevoir le secret de sa propre joie. Aussi l’enseignement de Jésus sur la montagne n’est pas un discours théorique. Ce discours, les béatitudes est profondément marqué et nourri par les innombrables rencontres de Jésus. Le discours de Jésus est aussi illustré par la vie de tous ceux et celles qui sont réunis pour l’écouter... La parole de Jésus est totalement liée à la profondeur de l’expérience humaine. Chacune des béatitudes peut prendre chair, s’incarner dans les visages rencontrés par Jésus. Chaque béatitude s’incarne aussi dans ceux et celles qui depuis ce jour-là ont laissé la bonne nouvelle imprégner leur vie. Ce sont les saints et les saintes que nous fêtons aujourd’hui, ceux et celles d’hier et d’aujourd’hui, les connus et les inconnus, ils ont mis en pratique, plus particulièrement telle ou telle béatitude. La pauvreté de François et Claire d’Assise, d’une Sœur Emmanuelle dans leur attention aux petits et aux souffrants, de l’Abbé Pierre dan son combat pour la justice, l’attention aux malades et aux enfants illettrés par saint Vincent de Paul. Les hommes et les femmes qui aujourd’hui sont à travers le monde des artisans de paix et de réconciliation au cœur des conflits. Tous les baptisés qui a travers le monde, comme en Asie ou au Moyen Orient sont persécutés à cause de leur foi. Tous les croyant qui à travers toute leur vie donnent un témoignage vivant des paroles qui ont retenti sur la montagne. Le Christ nous invite à ne pas nous arrêter là et à nous approcher pour regarder avec lui les foules d’aujourd’hui. Ils sont nombreux les bienheureux d’aujourd’hui, qui vivent au jour le jour la joie des béatitudes, que nous pouvons appeler les saints des gens ordinaires. Pour les uns cela sera douceur et charité dans tous les détails de la vie journalière, pour d’autres ils veuillent par leurs actions à ce que la justice soit respectée en se posant en défenseurs des droits des plus pauvres, ceux qui au cœur des difficulté vivent la confiance et l’abandon et qui prennent l’initiative de la réconciliation. Nous pouvons trouvé une place dans cette litanie du bonheur. La sainteté n’est pas la récompense d’un parcours réussi, mais elle est le moteur de la vie chrétienne. Cette fête de la Toussaint est pour nous l’occasion de réentendre l’appel universel à la sainteté de tous les baptisés. Montons avec la foule sur la montagne pour entendre Jésus nous redire son grand message de Joie. Que la litanie du bonheur entrevue sur la montagne ranime en nous la joie d’accueillir la joie de Dieu. Dieu Notre Père, nous sommes heureux de nous tenir devant toi. Dans la vie des saints et des saintes de tous les temps, nous discernons les traces de ta présence. Ils ont été pour tous ceux qui les ont rencontrés, ton visage d’amour au cœur du monde. Nous te prions, donne nous de mettre nos pas dans les leurs, à la suite de l’homme des béatitudes, ton Fils Jésus Notre Seigneur. Amen. |