Les images de Dieu dans la bible sont nombreuses. Dieu nous est présenté comme l’Emmanuel : "le Dieu avec nous", ou encore comme le Fils de David, ou comme le Père, ou comme le Juge, mais non pas un juge à la manière des hommes. Quand on évoque dans le bible, la crainte de Dieu, il ne s’agit pas d’un Dieu qui ferait peur. Ce n’est pas de la crainte que nous devons avoir devant Dieu, mais un infini respect devant le Dieu qui nous aime à la folie... Ce Dieu Père a toutes les qualités d’un père : source de vie, il aime, il éduque, il pardonne, il nous soutient et nous aide à revenir sur le droit chemin. La paternité de Dieu est davantage miséricorde que condamnation. Comment s’exercera cette justice envers nous : « Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui, est-ce qu’il les fait attendre ? Je vous le déclare, sans tarder, il leur fera justice ». Nous ne savons pas comment s’exercera sa justice envers nous, mais nous savons que nous serons jugés sur l’amour. Le Dieu de la bible n’est pas celui qui rendrait une justice expéditive. Il y a cette magnifique histoire en Yahvé et Abraham. Il s’agit de châtier, une ville impie, Sodome. Un dialogue émouvant s’instaure entre Yahvé et Abraham. Abraham interroge : « Si je trouve 50 justes dans cette ville, est- ce qu’elle sera exterminée ? Non répond Jahvé, je ne la détruira pas. Abraham a peur de ne pas trouver ces cinquante justes, plusieurs fois en s’excusant, il va diminuer le chiffre des justes, et à chaque fois, Yahvé fera la même réponse : « Non je ne détruirai pas » ! Avec audace Abraham interroge Yahvé une dernière fois : « Et si je ne trouve que cinq justes et Yahvé répondra encore : « non je ne détruirai pas ». Le dieu de la bible se révèle comme le Dieu d’une infinie patience. Saint Paul lui-même parle de la patience de Dieu et Saint Pierre affirme que :« Dieu use de patience envers nous, voulant que personne ne périsse, mais que tous arrivent à la conversion, au repentir. Cette patience de Dieu va jusque dans sa manière de pardonner. Un jour les apôtres questionnent Jésus : « Combien de fois faut-il pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Le chiffre 7 dans la bible étant le chiffre parfait. Et Jésus leur répondra, il faut pardonner jusqu’à soixante-dix-sept fois, sept fois ». C’est à dire toujours, pardonner sans aucune limite. Dieu est plus grand que notre cœur, il nous redonne son amour qui est toujours plus grand que notre cœur. Dieu est d’une infinie bonté inouïe. De fait c’est nous qui obligeons Dieu à être patient envers nous. Nous sommes des êtres humains remplis de paradoxes, de choses contradictoires. D’un côté nous vivons dans un monde de l’impatience, nous ne pouvons pas attendre, il faut que tout se passe rapidement sans traîner, tout nous porte à vouloir raccourcir le temps, les voyages en avion, il ne nous faut que quelques heures pour traverser l’Europe, ou se rendre en Afrique, tous les moyens électroniques nous poussent à vivre dans l’immédiateté. D’une part, nous sommes très patients envers nous-mêmes quand il s’agit de nous convertir, ou de répondre aux appels du Seigneur, et là nous trouvons toujours de bonnes excuses. D’autre part nous voulons que Dieu réponde tout de suite à notre prière, et s’il semble qu’il ne réponde dans l’instant, son silence nous fait penser qu’il est indifférent à notre égard, ou pire encore devant le silence apparent de Dieu certains en viennent à penser que finalement il n’existe pas, puisqu’il ne répond pas instantanément à leurs demandes. Dieu ne se décourage jamais devant nos lenteurs. Jésus nous dit dans l’évangile de ce jour : « Il faut toujours prier, sans se décourager ». Jésus veut nous faire comprendre que la prière elle-même demande une immense patience, une immense confiance, une immense persévérance... Si dans la parabole l’homme sans foi ni loi finit par rendre justice à la pauvre femme, afin qu’elle ne l’importune plus, combien plus le Père des cieux écoutera ses enfants qui le supplient, car Dieu est amour. Quand la tentation nous vient de tout laisser tomber, le Seigneur nous dit : « continue de prier, continue de t’adresser à moi. Mais ne reste pas centré sur toi-même, sur tes demandes, ouvre ton cœur, fais-moi confiance, je t’aime. Devant le Dieu Miséricordieux, tenons-nous en confiance, car sa justice n’est pas celle des hommes ! Tu nous appelles Seigneur à toujours prier, sans nous décourager, c’est avec confiance que nous nous tournons vers toi, exauce notre prière pour que nos frères et sœurs découvrent la bonne nouvelle de ton amour, toi qui est tout amour. Amen.
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