Dimanche 12 septembre 2010

 24è dimanche du temps ordinaire

 

 

 

          Lorsque nous lisons avec attention l’Évangile de Luc, nous voyons que Jésus ne rejette, ni ne condamne personne. On appelle volontiers l’Évangile de Luc, l’Évangile de la miséricorde. Le Seigneur Jésus  accueille tous ceux et celles qui viennent à lui. Il ne leur demandait pas s’ils étaient de bon juifs pieux, bien pensants, appliquant  toutes les lois juives. Il ne leur demandait pas non plus de faire preuve d’une moralité à toute épreuve, et de lui fournir un certificat de bonne conduite. La mission de Jésus est claire, il est venu sur terre pour révéler la véritable image de Dieu : un Père qui manifeste à tous et à toutes, sa  tendresse, sa miséricorde, son amour.

          Dans l’Évangile de Luc, c’est à la synagogue de Nazareth, son village, que Jésus inaugure sa vie publique. Les premiers mots qu’il prononce, tirés du prophète Isaïe dévoilent toute mission : « L’Esprit du Seigneur m’a envoyé la bonne nouvelle aux pauvres, proclamer aux captifs la libération, et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté, proclamer une année d’accueil pour le Seigneur. Alors il commença à leur dire. Aujourd’hui cette écriture est accomplie pour que vous l’entendiez ». L’adverbe aujourd’hui est important.

          Ce que Jésus proclame, commence tout de suite à s’accomplir. Ces pauvres qui accourent vers Jésus, ce sont les mal–aimés, ce qui manquent d’amour, qui sont à la fois captifs de leur misère matérielle et de leur misère morale. Le Seigneur vient pour les libérer, leur redonner vie : « Je suis venu pour que vous ayez la vie, et que vous l’ayez en abondance ». Jésus est venu pour redonner à chacun et à chacune la liberté des enfants de Dieu. C’est lui seul qui peut la procurer : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ».

          Tous ces pauvres, ces publicains et ces pécheurs, tout ces exclus de la société l’ont bien compris et comme le dit Luc dans le passage que nous venons de lire : « Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter ». Et avec dépit les pharisiens et les scribes constataient : « Cet homme faisait bon accueil aux pécheurs et il mange avec eux ».

          Que viennent-t-ils donc faire auprès de Jésus. Ils ne viennent pas d’abord comme des mendiants pour demander l’aumône. Ils viennent pour demander la vie. ils viennent près de Jésus parce qu’ils savent qu’ils ne seront pas jugés ni condamnés, mais parce qu’ils se sentent respectés et aimés. Ils viennent pour l’écouter. Et leur cœur qui était meurtri, désemparé, froid qui était comme un cœur de pierre, se réchauffe aux paroles de Jésus. Ils entendent cette extraordinaire bonne nouvelle. Dieu les aime et les veut près de lui, avec lui, leur cœur redevient un cœur de chair. Les pharisiens et les scribes sont choqués, car lui le Seigneur fait bon accueil aux pécheurs, plus encore il mange avec eux. Ces bons pratiquants sont choqués et ils on raison de l’être.

          Jésus accueille ces pécheurs qui s’éloignent de Dieu , et les règles religieuses leur imposent de les éviter. Jésus accueille les publicains, collecteurs pour le compte des romains, ce sont des collaborateurs, des gens qu’il ne faut pas fréquenter. Comme pour leur expliquer son attitude, Jésus prend deux paraboles. Un berger qui a la responsabilité d’un troupeau de cent brebis, une s’est échappée et perdue. Le berger laisse son troupeau pour partir à la recherche de la brebis égarée. Pour le berger, il n’est pas tolérable qu’une seule brebis soit perdue. Il fait tout pour la rechercher et il la retrouve. Une femme qui a dix pièces d’argent en perd une. Elle va remuer ciel et terre, pour retrouver celle qui manque, elle fait tout pour la retrouver et elle la retrouve... Rien ne peut faire échec à leur démarche, que ce soit celle du berger ou de la femme. Rien ne peut faire échec à la miséricorde de Dieu, et c’est la joie au ciel : « Il y a plus de joie au ciel pour un pécheur qui se convertit que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui font pénitence ». Les explications de Jésus ont du mal à passer, elles ne sont pas raisonnables. Est-t-il sérieux qu’un berger abandonne 99 brebis pour aller à la recherche d’une seule. C’est prendre le risque de mettre en péril l’ensemble du troupeau. Dans la réalité humaine ce n’est pas raisonnable. Mais devant Dieu qui peut se dire pleinement juste. Il n’y a que Jésus, lui le juste, il est venu pour nous ramener dans le troupeau du Père, il est venu nous sauver, nous ressusciter. Le Seigneur Jésus nous fait comprendre que ce berger tout particulier, c’est lui. Car son amour pour nous ne peut pas se mesurer, il est allé par amour jusqu’à la folie de la croix. Il nous dit ainsi la tendresse du Père pour chacune de ses créatures. C’est ce même amour qui fait demeurer le Christ dans l’Eucharistie... Il se donne à nous dans l’Eucharistie pour que nous ayons en nous sa vie, la vie en plénitude.

          Seigneur, ton Père ne peut admettre qu’un seul pécheur se perde.

C’est pourquoi, tu es venu nous chercher et nous entraîner dans ta Résurrection.

Donne-nous un cœur de pauvre pour t’écouter et partager avec toi le joie des enfants de Dieu.

Donne-nous d’être les messagers  de l’amour du Père pour tous les hommes.