18 juillet 2010

 16è dimanche du temps ordinaire

 

 

   

          Marthe, Marie et Lazare, ces trois frère et sœurs habitaient Béthanie qui se situe à quelques kilomètres de Jérusalem. Nous pouvons facilement penser, que lorsque Jésus se rendait à Jérusalem, il aimait rendre une visite à ses amis, car il y avait entre une réelle amitié. D’ailleurs quand Jésus ressuscite Lazare il est dit, par trois fois, que Jésus fut saisi par l’émotion et qu’il pleura.

          Aussi, quand Jésus venait chez eux Marthe, Marie, et Lazare faisaient tout pour bien le recevoir, ils mettaient comme nous dirions aujourd’hui les petits plats dans les grands, d’autant plus que chez les juifs le devoir et le sens de l’hospitalité étaient essentiels.

          Bien souvent dans l’ancien testament, les hôtes qui arrivent sont considérés, comme des messagers, des envoyés de Dieu ; Abraham et Sara font tout pour accueillir les trois hôtes aux chênes de Membré. Ils sont considérés par Abraham et son épouse comme des envoyés de Dieu.

          Nous aussi quand nous recevons des membres de notre famille ou des amis très chers, nous faisons le maximum pour bien les accueillir. Ce jour-là, nous soignons particulièrement le repas, nous veillons aussi à la qualité de l’accueil, nous sommes attentifs à leurs besoins, et nous essayons d’entretenir avec eux un moment d’échange, d’écoute et de dialogue.

          Aussi quand Jésus arrive, Marthe veut que l’accueil  soit le plus parfait possible. Visiblement c’est elle qui est la maîtresse de maison. C’est elle qui prépare le repas et le service de la table.

          Et jésus n’est pas seul, il est accompagné de ses disciples, cela fait beaucoup de monde à accueillir et à nourrir. Marthe a beaucoup de travail, et on peut alors comprendre la réaction toute vive de Marthe lorsqu’elle s’adresse à Jésus : « Seigneur, cela ne te fait rien, ma sœur me laisse faire seule le service, dis-lui donc de m’aider ! »

          La réaction de Jésus peut nous étonner. Nous aurions pu penser qu’il demande à Marie d’aller aider sa sœur pour la soulager dans sa tache : « Marthe, Marthe tu t’inquiètes et tu t’agites pour bien peu de choses. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. Imaginons un instant  que Marthe ait continué à manifester son mécontentement, elle aurait pu enlever son tablier, cesser de préparer le repas et  venir comme Marie s’asseoir à coté de Jésus et participer à la conversation. Qu’elle aurait été  la réaction de Jésus et de ses disciples ?

          Nous voyons souvent  participer à des repas au point que les pharisiens le traiteront d’ivrogne et de glouton. Et nous pouvons penser que Jésus quelque moment plus tard ne refusera pas de se mettre à table et de goûter avec plaisir le repas préparé par Marthe. Ce que Jésus veut dire à Marthe, c’est bien sûr qu’il est de partager le repas, mais qu’il a encore plus faim de sa présence et de son amitié. Nous le disions tout à l’heure. Chez Lazare, Marthe et Marie Jésus se sent comme chez lui, il y avait la chaleur et la simplicité d’une profonde amitié. D’autant plus que cette visite de Jésus est quasiment la dernière avant son arrestation et sa mort sur la croix. Nous venons de lire un passage du chapitre dix de Luc et à la fin du chapitre neuf du même Évangile, il est écrit : « Comme est arrivé le moment où Jésus va être enlevé, Jésus part résolument à Jérusalem. »

          Cette attitude de Marthe est bien d’actualité dans notre monde d’aujourd’hui. Nous avons nos occupations, notre travail, notre vie de famille. Nous sommes très pris par nos soucis quotidiens, nous nous activons, nous courrons, nous passons d’une chose, on est toujours pressé, et on ne prend pas le temps de s’arrêter pour reprendre souffle, redonner du sens à notre vie, à notre existence. On a souvent bien des difficultés au cœur de nos vies bouclées à prendre le temps de dialoguer avec les autres, et encore moins le temps de la prière et de l’écoute de la parole du Seigneur.

          Marie, elle était assise aux pieds de Jésus, elle écoutait sa parole. Cette meilleure part, Seigneur, tu l’offres à chacun et à chacune d’entre nous. Car même au milieu d’une vie intense et parfois surchargée, il nous faut lever les yeux vers le Seigneur, lui qui aimerait tellement nous rencontrer dans le silence de notre cœur. Il ne s’agit donc pas d’opposer Marthe et Marie. A chacune d’elle, Jésus offre sa présence et chacune d’elle met toute sa confiance dans le Seigneur, celle qui est assise à ses pieds et celle qui l’interpelle. Mais c’est une invitation à rester disponible pour accueillir sa parole, disponible à l’accueillir lui-même.

          Et que nous ne nous laissions pas accaparer par tout ce qui peut encombrer notre vie.

Dieu Notre Père, en venant nous asseoir comme Marie, à tes pieds Jésus, pour écouter ta parole, nous avons choisi la meilleure part. Dans notre vie quotidienne, donne-nous de savoir toujours nous arrêter pour te rencontrer dans la prière et dans l’accueil de nos frères qui nous parlent de toi.

 Amen.