Ne portons pas trop vite un jugement négatif sur ce docteur de la loi qui vient trouver Jésus. Il s’adresse à Jésus en lui disant « maître », le docteur de la loi était lui aussi reconnu comme maître. Ces spécialistes de la loi étaient souvent méprisants à l’égard des autres membres du peuple juif. En appelant Jésus maître, le spécialiste de loi reconnaît Jésus comme son égal. Il traite Jésus d’égal à égal. Il ne s’arrête pas à toutes les prescriptions de la loi juive, il pose à Jésus la question fondamentale, centrale de la foi juive : Comment faire, quoi faire pour obtenir, c’est vraiment la bonne question à poser, « que dois faire pour obtenir la vie éternelle ? Sachant qu’il a à faire en face de lui à un parfait connaisseur de la loi juive, Jésus le renvoie à la loi. Sa réponse d’ailleurs est pleinement approuvé par Jésus « Tu as bien répondu, fais ainsi, et tu auras la vie ». L’accès à la vie éternelle s’ouvre à qui aime Dieu et le prochain. Dans sa discussion avec Jésus le docteur de la loi pose une autre question : « Et qui est donc est mon prochain ? » Il s’agit pour lui d’identifier le prochain. En proposant une parabole, Jésus renverse la question, mais bien plutôt de se demander comment se faire le prochain des autres et tout particulièrement de ceux qu’il est urgent de secourir. Les deux premiers personnages proposés par Jésus, le prêtre et le lévite, qui est un serviteur du temple appartiennent tous les deux au monde religieux, tous les deux ont le même réaction suivant les préceptes de la loi juive, toucher un blessé, plein de sang risquer de devenir impur. Aussi pour tous les deux, il n’est pas question de s’approcher du blessé, ils passent tous les deux de l’autre côté de la route. Et voici qu’une troisième personne survient : un samaritain, considéré par les juifs comme un faux frère, un étranger, qui ne respecte pas la loi juive. C’est pourtant lui qui s’approche, il se fait le prochain du blessé... Le prêtre et le lévite sont passés de l’autre côté de la route. Ils se sont éloignés du blessé et du même coup, ils se sont éloignés de Dieu. Le samaritain au contraire s’est approché du blesse, et du même coup, il s’est approché de Dieu. Car l’amour de Dieu est inséparable de l’amour du prochain. La miséricorde, l’attention aux plus petits et aux plus pauvres « à chaque fois que vous le faites à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous le faites, la miséricorde envers les frères est le chemin nécessaire pour aller vers Dieu ! La Parole de Jésus devient ainsi une forte invitation à mettre en pratique l’exemple qu’il donne dans la manière d’agir du samaritain. En réalité Jésus est le bon samaritain. Plusieurs fois, il dira qu’il n’est pas venu pour les justes mais pour les pécheurs. Les bien-pensants juifs, se diront scandalisés en voyant Jésus attabler chez Zachée, il fera ce commentaire : « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » ! Qui donc est le bon samaritain, cela peut-être aussi chacun et chacune d’entre nous, cela peut être aussi l’humanité toute entière. Cette humanité, Dieu le Père la voulait rassemblée en une communion de personnes, un lien d’amour entre les personnes, comme l’est la Sainte Trinité, Père , Fils et Esprit Saint, un éternel mouvement d’amour. Mais dans l’histoire de l’humanité, les hommes ont souvent préféré se débrouiller tout seuls. Dès les origines, Adam et Eve se sont détournés de Dieu. Ce n’est pas les lois qui vont sauver l’humanité. Il est écrit dans un des derniers livres du nouveau testament, la lettre aux hébreux. « La loi est absolument impuissante à rendre parfaits ceux qui s’approchent de Dieu. Le prêtre et le lévite scrupuleux observateurs de toutes les lois juives, ne vivent pas cette proximité avec leurs frères les hommes. C’est comme si l’humanité était restée au bord du chemin de la vie. Celui qui s’arrête, le bon samaritain, c’est Dieu lui-même qui se manifeste en Jésus. Jésus en donnant sa vie s’est fait le bon samaritain de toute être humain, il est le bon samaritain de toute l’humanité. Les images dans les évangiles sont très nombreuses. Jésus qui guérit les malades, qui redonne espoir et confiance à la femme pécheresse. Jésus qui rend la vie à son ami Lazare et au fils de la veuve de Naïm. Il est pour reprendre sa propre parabole, ce bon berger, ce bon pasteur qui prend sa brebis égarée sur ses épaules. Laissons nous guérir par Jésus... il est doux et humble de cœur. Ensuite remis debout, nous pourrons faire comme Lui. Jésus Fils de Dieu, tu t’es fait notre prochain. Tu as donné ta vie pour nous. Tu as dit à tes amis quelques heures avant ta mort : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » Donne-nous dans notre monde d’aujourd’hui de nous faire le prochain de ceux qui souffrent. Rends notre foi active et vivante, qu’elle ne soit pas uniquement parole, mais que notre foi soit vécue en actes et en vérité. |