Dans l’Évangile que nous venons de lire, il y a deux événements distincts : Tout d’abord la manifestation de Jésus aux disciples sur le bord du lac de Tibériade. C’est là que tout avait commencé un peu plus de deux ans. Auparavant, lorsque Jésus avait débuté sa vie publique. C’est au bord du lac que Jésus avait appelé ses premiers disciples. Ils étaient en train de pêcher, ils avaient alors tout quitté pour le suivre. C’est encore au bord du même lac, que Jésus retrouve ses disciples. Il en fait le lieu de départ définitif, de l’envoi au monde entier. Si nous comptons le nombre des disciples présents à cette rencontre, nous constatons qu’il sont sept. Nous savons l’importance de ce chiffre dans la Bible, il indique un très grand nombre, qu’on ne peut compter, c’est le chiffre parfait. Cela veut dire que Jésus ne s’adresse pas seulement aux sept disciples, mais à tous ceux et à toutes celles qui dans la suite des siècles seront appelés par lui pour annoncer la bonne nouvelle. Cela veut dire que Jésus s’adresse à chacun et à chacune d’entre nous pour annoncer son message d’amour. Le Seigneur est toujours là sur la rivage de nos vies et il noua appelle. Très pris par leurs activités et leur difficulté à prendre du poisson, « ils passèrent toute la nuit sans rien prendre » ils ne reconnaissent pas le Christ « ils ne savaient pas que c’était lui : « Nous aussi nous sommes bien trop souvent accaparés par nos préoccupations quotidiennes, par les difficultés de la vie, nous ne savons pas non plus reconnaître le Christ qui vient à nous. Alors que Jésus, tout l’évangile nous le démontre, a été attentif aux personnes qu’il a rencontrées. Ici il est attentif à la pêche infructueuse de ses amis, il va répondre à leur besoin, qu’ils aient une pêche plus qu’abondante : « Ils jetèrent leurs filets, et cette fois, ils n’arrivaient plus à le ramener tellement il y avait de poisson. Devant cet inconnu qui a su répondre à leur désarroi, le disciple que Jésus aimait comprend tout à coup. Il interpelle Pierre : « c’est le Seigneur. Pour le disciple que Jésus aimait, le signe est clair. Cela lui rappelle, l’autre pêche miraculeuse qu’ils avaient faite au début de la vie publique de Jésus, et c’était après cette pêche, qu’ils avaient tout quitté pour le suivre. Le cri du disciple c’est le Seigneur, c’est le cri de la Résurrection. Nous l’avons déjà remarqué dimanche dernier quand Thomas avait dit à Jésus : « Mon Seigneur et mon Dieu ». Ce cri est une véritable profession de foi en Jésus Christ, mort est ressuscité. On comprend alors l’empressement de Pierre, qui se jette à l’eau pour parvenir au rivage, et il est tout à la joie de rencontrer son Seigneur. A notre tour, soyons dans la joie, car le Seigneur est ressuscité et vivant, et il nous accompagne dans notre existence quotidienne. Le deuxième événement dans l’Évangile que nous venons de lire, c’est l’étonnant dialogue entre Jésus et Pierre. Très vite on a compris, dans les premières communautés chrétiennes que cela signifiait la volonté du Seigneur de donner à Pierre une place prééminente parmi les apôtres. Jésus par trois fois pose la même question à Pierre : « Simon fils de Jean, m’aimes-tu ? » Comment ne pas nous rappeler que Pierre a renié par trois fois Jésus lors de son procès. Pierre est tout à la fois d’une très grande générosité et en même temps d’une très grande fragilité. Un jour, Jésus interroge ses amis sur son identité : « Pour vous qui suis-je ? ». C’est Pierre qui fait profession de foi au nom du groupe : « tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ». Mais voici qu’aussitôt après, Jésus annonce sa mort prochaine. Pour Pierre cela est totalement inacceptable. Il se met en travers de la volonté de Dieu. Et Jésus dira alors : « arrière de moi Satan !» De même lors du repas pascal du Jeudi saint, Jésus prévient ses amis : « Vous allez tous tomber à cause de moi ». Pierre s’insurge : « Même si tous tombent, du moins pas moi et il ajoute, je suis prêt à aller avec toi en prison et à la mort ». Quelques heures après il dira par trois fois : « Je ne connais pas cet homme !» Pierre est tout à la fois, rempli d’enthousiasme et de fragilité, et même d’infidélité. L’amitié de Pierre pour Jésus est grande lorsque tout va bien, mais elle s’effondre lorsque les épreuves et le difficultés surviennent, elle disparaît quand tout va mal. Dieu a voulu avoir besoins des hommes. Il a même choisi Pierre, un être bien fragile et versatile pour en faire le pasteur de tous son troupeau. Qui aurait osé lui faire confiance ? Pourtant à l’inverse de ses reniements, par trois fois Jésus permet à Pierre de lui dire tout son attachement, sa fidélité, son amour, au point qu’à la troisième fois Pierre est peiné : « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime ». Alors Jésus lui confie une mission inouïe, à sa suite annoncer la bonne nouvelle, rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés . Dieu ne change pas. Ce qu’il a réalisé pour Pierre, il le fait aussi pour chacun et chacune d’entre nous. Il connaît nos limites, notre faiblesse, notre péché. Et pourtant il continue d’agir avec nous, alors que nous sommes de pauvres pécheurs. Sa confiance en nous, son amour pour nous est plus grand que toutes nos fautes.
Donne nous
Seigneur de savoir aussi te faire confiance, malgré les difficultés, c’est toi
qui conduit notre vie et la vie de nos communautés, à la suite de Pierre, nous
te disons encore je t’aime Seigneur, et nous te rendons grâce pour la vie que tu
nous offres. |